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FINANCE PERSONNELLE
  Les 7 questions à vous poser avant de souscrire

1 - Suis-je obligé de signer ?

Bien avant la publication des décrets d'application du PERP qui ont donné le coup d'envoi commercial officiel, certains établissements financiers ont lancé des campagnes de préréservation. Certains grands réseaux ont convaincu des dizaines quand ce ne sont pas des centaines de milliers de clients de « prendre date ». Mais les préréservations ne lient en aucun cas les souscripteurs. Leur engagement n'a aucune valeur légale ou réglementaire. Ils peuvent très bien changer d'avis et revenir sur leur décision d'ouvrir un PERP.

2 - Dois-je signer tout de suite ?

Pour Patrick Turbot, associé chez EPS Partenaires, société de conseil en épargne et protection sociale, il n'y a aucune raison de se précipiter. Les souscripteurs ont encore plus de six mois devant eux. Pour pouvoir bénéficier de l'économie d'impôt « générée » par le PERP au titre de leur impôt sur le revenu 2004, il leur suffit d'ouvrir un plan avant le 31 décembre de cette année. Les « candidats » ont par conséquent tout le loisir de comparer les PERP déjà sortis et ceux qui sortiront dans les semaines qui viennent avant de faire leur choix définitif. En réalité, il y a d'autant moins de raisons de se précipiter que les souscripteurs peuvent attendre le 31 décembre 2007 pour utiliser l'enveloppe fiscale dont ils disposent. « Tous les Français se sont réveillés le 1er janvier 2004 avec une enveloppe fiscale, explique Patrick Turbot. Or celle-ci peut être reportée trois ans. » Dans ce cas, les futurs souscripteurs doivent mettre « leur » trésorerie de côté pour la basculer sur leur PERP le moment venu, c'est-à-dire le jour où ils auront décidé d'en ouvrir un.

3 - Quel est l'âge idéal ?

Le plus tôt est le mieux ! Il y a une raison mathématique très simple à cela. « Le capital accumulé sur un PERP est constitué de deux sommes, rappelle Patrick Turbot. Il y a celle qui correspond aux versements effectués par le souscripteur et celle qui est le produit de la gestion financière. » Le montant de la rente servie au retraité sera calculé sur le montant de l'épargne accumulée. « Plus le souscripteur commence à épargner tôt, plus la capitalisation jouera », souligne Patrick Turbot. Les intérêts des intérêts s'ajoutent au capital... Les souscripteurs de la première heure se sont révélés être plus jeunes que prévu. Bien vu !

4 - Y a-t-il d'autres solutions ?

Le plan d'épargne retraite populaire est peut-être le premier fonds de pension à la française, mais il n'est pas le premier outil ou produit d'épargne retraite. D'autres possibilités sont offertes aux futurs retraités selon la catégorie socioprofessionnelle à laquelle ils appartiennent : depuis les contrats Madelin ouverts aux professions libérales jusqu'aux « articles 39 » et aux « articles 83 » (dans leur version classique ou dans la version revue et corrigée par la loi Fillon, le PERE), ainsi que le Perco ouverts aux salariés en passant par la Préfon, ouverte aux fonctionnaires (au sens large...).

5 - Ma banque ou mon assureur sont-ils bons ?

Les souscripteurs ne sont pas pieds et poings liés avec la banque ou l'assureur auprès desquels ils ont souscrit leur PERP. Ils peuvent parfaitement changer de prestataire et de PERP. Mais les frais de transfert sont élevés puisqu'ils peuvent atteindre 5 %. L'épargne déjà accumulée risque d'être alors sérieusement écornée au passage... d'un prestataire à l'autre. Mieux vaut ne pas se tromper ! Les erreurs de « casting » peuvent être encore plus douloureuses dans certains cas. Il faut en particulier veiller à ne pas souscrire un PERP qui est grevé de « précomptes » de commissions trop élevés. C'est une pratique « historique » à laquelle se sont laissé aller certaines compagnies d'assurances il y a encore quelques années. Elle était heureusement tombée en désuétude. L'établissement financier prélève tout de suite l'ensemble des frais. Résultat : l'épargne déposée les premières années ne produit aucun intérêt.

6 - Suis-je prêt à « en prendre pour perpétuité » ?

Les souscripteurs qui ouvrent un plan d'épargne retraite populaire ne le refermeront que le jour où ils partiront à la retraite. Autrement dit dans dix, vingt ou trente ans... Toute la question est de savoir s'ils sont prêts à fournir un effort d'épargne sur une période aussi longue. L'échéance du PERP est encore plus lointaine que cela, puisque la rente servie au souscripteur le sera, elle, jusqu'à... la disparition de celui-ci ou du bénéficiaire d'une éventuelle réversion. C'est ce que Patrick Turbot appelle le « double tunnel ».

7 - Y a-t-il un Perco dans mon entreprise ?

S'il y en a un, la réponse à la question de savoir si le salarié doit souscrire un Perco, le frère jumeau du PERP (lire page 9), plutôt qu'un PERP, est pour Patrick Turbot, vite trouvée. « Il n'y a pratiquement pas photo, dit-il. Le Perco est le seul produit d'épargne retraite qui permet une sortie en capital », rappelle-t-il. Mais « sa » préférence repose aussi et surtout sur un calcul financier. « Si le taux d'abondement de l'employeur - sa contribution à l'effort d'épargne du salarié - est égal ou supérieur au taux marginal d'imposition du souscripteur, celui-ci a intérêt à verser dans un Perco plutôt que dans un PERP. » Argument supplémentaire : si le salarié qui a ouvert un Perco tient absolument à « sortir » en rente, il peut le faire dans des conditions plus favorables que s'il avait ouvert un PERP. « La rente est alors deux fois moins fiscalisée que celle du plan d'épargne retraite populaire, » souligne l'associé d'EPS Partenaires.

Par MICHEL TURIN

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