Simulation : quand le rachat de trimestres vaut la peine
Une fois qu'il a son relevé de trimestres cotisés à la Sécurité sociale, le candidat au rachat peut s'interroger sur l'opportunité d'obtenir des trimestres supplémentaires. L'opération est judicieuse si l'assuré est titulaire de diplômes d'études supérieures et s'il se trouve dans l'un des cas suivants :
il ne peut pas justifier de la durée d'assurance requise pour partir à taux plein avant 65 ans et souhaite partir avant cet âge ;
il a déjà validé un nombre de trimestres proche du minimum requis pour obtenir le taux plein, fixé actuellement à 160 trimestres pour les personnes nées avant 1949. Comme il n'est possible d'acheter que 12 trimestres, le rachat est recommandé si l'on dispose d'au moins 148 trimestres validés auprès de la Sécurité sociale. Par conséquent, le rachat est intéressant s'il permet d'approcher, voire d'atteindre les 160 trimestres ;
il a acquis un nombre important de points à l'AGIRC et ARRCO ;
il désire bénéficier d'un départ anticipé avant 60 ans, en rachetant des trimestres manquants.
« Au-delà de ces raisons purement financières, une motivation fiscale peut exister en particulier chez les cadres supérieurs », précise Thomas Boucheron, ingénieur patrimonial au CIC. « Comme les cotisations rachetées sont fiscalement déductibles du salaire net fiscal, l'intérêt augmente avec la tranche marginale d'imposition. De plus, à salaire identique, un contribuable célibataire ou divorcé optimisera mieux ce rachat qu'une personne mariée ».
Mieux vaut choisir l'option « taux + durée d'assurance » , si l'on souhaite bénéficier des dispositions des carrières longues permettant de partir à la retraite avant soixante ans. Surtout si l'on est entré jeune dans la vie active.
Notre simulation :
Intégrant les effets sur le régime de base et complémentaires, cet exemple concerne M. Dupont, un assuré agé de 59 ans en 2006 et devant prendre sa retraite en 2007. Il perçoit actuellement un salaire annuel moyen de 120.000 ?. Il a acquis 4.189 points ARRCO et 80.347 points AGIRC tranche B.
A l'âge de 60 ans, il n'aura validé que 148 trimestres. Le rachat de 12 trimestres lui permettrait donc d'obtenir le taux plein de la Sécurité sociale dès 60 ans (soit un taux à 0,50 %).
En 2006, M. Dupont a le choix entre deux types de rachat :
Soit un rachat au titre du taux seul, qui permet d'intervenir sur la formule de calcul uniquement au niveau du taux, et qui peut varier entre 0,30 % et 0,50 % suivant le nombre de trimestres validés :
Soit un rachat au titre du taux et de la durée d'assurance. Cette option coûte plus cher car elle permet d'intervenir à deux niveaux sur la formule :
Quelles conséquences ?
En l'absence d'un rachat, M. Dupont percevra :
une pension de base : 9.552 euros
une pension Arrco et Agirc : 31.944 euros
En cas de rachat au titre du taux seul, il décaissera un montant de 43.452 euros et percevra :
une pension de base : 12.564 euros
une pension Arrco et Agirc : 36.312 euros
soit un montant global annuel de 48.876 euros
Compte tenu de l'écart annuel de 7.380 euros, il lui faut près de six ans pour parvenir à un retour sur investissement, sans prise en compte de l'avantage fiscal.
En cas de rachat au titre du taux et de la durée, M. Dupont décaissera un montant de 64.392 euros et percevra :
une pension de base : 13.404 euros
une pension Arrco et Agirc : 36.312 euros
soit un montant global annuel de 49.716 euros
Compte tenu de l'écart annuel de 8.220 euros, il lui faut près de huit ans pour parvenir à un retour sur investissement, sans prise en compte de l'avantage fiscal.
(source : Optimaretraite)
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| TMI | Coût réel du rachat | Retour sur investissement | Rentabilité en % |
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| 40 | 26.071€ | 3 ans et 6 mois | 28,3% |
| 30 | 30.416€ | 4 ans et 1 mois | 24,26% |
| 14 | 37.368€ | 5 ans | 19,74% |
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