Un calcul difficile à réaliser par soi-même
L'information dont chacun a besoin n'est pas centralisée tant s'en faut. Une vie professionnelle normale conduit à changer souvent d'employeur, de statut, de région. De ce fait, les pièces d'un puzzle personnel se chiffrent par dizaines. Et même, à supposer que tous les justificatifs soient correctement réunis, qui peut se prétendre capable les interpréter ? Les droits à la retraite sont exprimés en unités de compte, en trimestres, en points. Peu de gens maîtrisent les règles de calcul (salaire moyen, abattement pour départ anticipé, majoration pour enfant). Or c'est ce savoir qui permet de convertir des points et des trimestres en sommes d'argent.
Même les droits résultant de produits de capitalisation exprimés en euros peuvent être sujets à des artifices de présentation : tiennent-ils compte de l'inflation, quelle table de mortalité font-ils intervenir ? Sans oublier que certains droits peuvent être acquis sans justification. Ils ne sont alors notifiés qu'au départ à la retraite.
Autre handicap : la projection dans le temps reste à faire pour estimer ses revenus de futur retraité. La valeur du point affichée au bas des relevés est celle de l'année en cours. D'ici au départ effectif à la retraite, elle peut évoluer en pouvoir d'achat. Malheureusement, le relevé ne dit pas comment. En fait, seuls les droits acquis sont communiqués car les caisses de retraites s'interdisent d'évaluer l'avenir de leurs assujettis. Bref, pour la majorité des gens actifs, à quarante ans, la moitié de leur carrière n'est pas encore évaluée.
Par Les Echos Week-end
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