Acheter des emprunts d'Etat aussi aisément que des actions
Encore récemment, acquérir des obligations d'Etat en direct relevait pour les particuliers du véritable parcours du combattant. Certes, depuis 1994 et l'instauration d'un programme de placement d'obligations assimilables au Trésor (OAT), les petits porteurs pouvaient souscrire. Mais une fois les titres achetés (non sans frais de commission bancaire), il était quasiment impossible de les vendre avant l'échéance, faute de savoir comment et à quel prix. Une situation injustifiée pour l'Agence France Trésor (AFT), service du ministère des Finances chargé de gérer la dette et la trésorerie de l'Etat, qui souligne que " le marché français des OAT est l'un des plus liquides et des plus transparents au monde, dont les investisseurs institutionnels sont très friands ".
Soucieux de bonne gouvernance, le Trésor a cherché à faciliter son accès aux particuliers. Il a mis en place un " véritable " marché secondaire, en partenariat avec Euronext qui assure la cotation électronique, et les banques Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT) qui animent ce nouveau marché de détail : elles se sont engagées à afficher en continu une fourchette de prix et se portent contrepartie pour les ordres passés. Depuis le 2 janvier, les investisseurs individuels peuvent ainsi acheter ou vendre des obligations d'Etat françaises, chaque jour de Bourse, dans des conditions financières identiques à celles consenties pour les transactions sur actions.
Cette modernisation peut-elle raviver l'intérêt des petits porteurs pour les obligations ?Actifs favoris des Français au début des années 1990, elles font aujourd'hui pâle figure dans les portefeuilles. Une étude exclusive réalisée en décembre 2004 par TNS Sofrès pour le compte des services financiers de La Poste et du journal " Les Echos " a révélé que seuls 7% des personnes interrogées possèdent des obligations, alors qu'elles sont 45% à détenir un contrat d'assurance-vie et 18% des actions de sociétés cotées. Assurément, les enquêtes prouvent que les actions demeurent souvent les meilleurs placements sur le long terme. Pour autant les professionnels sont unanimes : en matière patrimoniale, il est impératif de ne pas mettre tous ses oeufs dans un même panier. " Détenir des obligations permet d'abord de diversifier la nature de son portefeuille, explique Laurent Lavenant, trader obligataire chez Natexis Banque Populaire (l'un des établissements bancaires partenaire). Accéder au marché de la dette correspond à un véritable besoin du particulier qui souhaite faire autre chose qu'investir dans un produit d'assurance-vie ".
Retour au sommaire