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FINANCE PERSONNELLE
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  Les actions toujours et encore

Incroyable ! Depuis le début de l'année, les marchés financiers vivent une époque formidable. Le CAC 40 va probablement finir l'année avec une progression comprise entre 15 % et 20 %. Eh bien, ce n'est peut-être pas fini ! Malgré ce bond déjà spectaculaire, les actions restent, aux yeux de Jean-Pierre Hellebuyck, vice-président d'AXA Investment Managers, « la classe d'actifs qui présente clairement le moins de symptôme de bulle ». Autrement dit, elles restent encore bon marché en dépit de leur progression ininterrompue depuis 2003. Et pour l'an prochain, elles demeurent le placement privilégié par les gestionnaires et économistes d'AXA IM. A condition, toutefois, que les conditions rencontrées jusqu'à présent soient toujours réunies. A savoir un afflux massif de capitaux sur les marchés, une politique monétaire accommodante, une inflation contenue et, du côté des gouvernements, des politiques budgétaires favorables à la croissance.

Or, de l'aveu de Jean-Pierre Hellebuyck, « la zone euro se révèle l'une des plus difficiles à appréhender ». Certes, admet-il, « jusqu'à présent, la tendance a été agréable ». Mais jusqu'à quand ce rythme sera-t-il soutenu ? Il suffirait d'un obstacle pour le ralentir. En l'occurrence, un gros gravillon dans la chaussure pourrait provenir d'Allemagne. Le directeur de la stratégie d'investissement d'AXA IM redoute que le nouveau gouvernement d'Angela Merkel maintienne son dessein de faire grimper de trois points le taux de TVA en 2007. « La dernière fois qu'une équipe au pouvoir a procédé de la sorte, c'était au Japon : le pays a hérité d'une récession ! »

Il conviendra donc d'être vigilant sur les choix gouvernementaux dans les différents pays de la zone euro. Car ces décisions économiques et sociales conditionneront la suite de l'embellie boursière observée depuis 2003. Cependant, il ne suffira pas de surveiller. Il faudra aussi être en mesure de changer rapidement de cap.

En effet, l'abondance de liquidités sur les marchés ne va pas durer. Si les Bourses du Vieux Continent se révèlent moins rémunératrices, les gérants mandatés pour placer au mieux ces fonds n'auront pas d'états d'âme. Ils n'hésiteront pas à procéder à des arbitrages. Autrement dit, ils allégeront leurs positions européennes, au profit des Etats-Unis. Si ce mouvement s'opère, les investisseurs particuliers devront être en mesure d'emboîter sans délai le pas des professionnels.

Les gérants seront d'autant plus tentés de lorgner vers Wall Street qu'une inversion de rôles pourrait bien être constatée l'an prochain. Jusqu'à présent, les marchés financiers du Vieux Continent ont enregistré de meilleures performances parce que la politique des taux de la BCE était plus accommodante. Mais un scénario privilégié par AXA IM est que la FED fasse une pause dans sa rigueur en cours d'année. Tandis que la Banque centrale européenne prendrait le relais dans la posture de la sévérité. Concrètement, la Banque fédérale ferait une pause, dans une zone comprise entre 4,25 % et 4,5 %. Alors que ceux de la zone euro se situeraient aux alentours de 2,5 % à la fin de 2006.

Il s'agirait pour la BCE de maîtriser une croissance dont les perspectives sont révisées à la hausse. Certes, dans des proportions encore assez basses : de l'ordre de 1,6 %. Voire 1,9 % pour la France, favorisée par un redémarrage de la consommation (+ 1,9 %) et de l'investissement (+ 3 %). L'Allemagne, de son côté, devrait être stimulée par les exportations. « En tous les cas, précise Jean-Pierre Hellebuyck, le décalage sera moins marqué entre la vieille zone euro et l'Amérique flamboyante. »

Pour autant, le resserrement des taux en Europe ne doit pas être analysé comme une mesure préventive, destinée à juguler une résurgence de l'inflation. Chez AXA IM, on ne croit pas au retour de cette dernière : « Nous constatons bien sûr des pressions dues aux prix du pétrole. Cependant, l'ensemble du système nous paraît sous contrôle, même si, reconnaissons-le, le marché de l'énergie reste tendu. Il ne faudrait sans doute pas grand-chose pour que se produise un dérapage dans ce secteur. »

De toute façon, conclut Jean-Pierre Hellebuyck, « il s'agit là d'une évolution structurelle : le poste énergétique est devenu cher et il le demeurera ». Du moins aussi longtemps que la croissance de la Chine et l'Inde se maintiendra à des niveaux aussi élevés.

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