Choisir entre un capital, un rente viagère ou des retraits partiels ?
Une fois le PEP arrivé à échéance ou lorsqu'il a dépassé le seuil fatidique des huit ans, ce placement permet à l'épargnant de bénéficier d'un maximum d'avantages fiscaux (voir La fiscalité du PEP).
De nombreux PEP laissent le choix entre une sortie en capital ou en rente viagère. L'épargnant peut, également, laisser dormir son argent et procéder périodiquement ou occasionnellement à des retraits partiels en capital. Si aucune de ces différentes formules ne répond vraiment à ses besoins, il est parfaitement possible de les panacher.
Rente viagère, capital ou retraits partiels ?
Dès la neuvième année, il est possible d'opter pour la rente viagère ou le versement du capital. Tout deux en totale exonération d'impôt. Mais si la rente et surtout sa contrepartie -l'aliénation du capital au profit de l'assureur- effraie de nombreux épargnants, la meilleure solution consiste, alors, à opter pour des retraits partiels. Mais, mieux vaut, dans cette hypothèse, attendre le dixième anniversaire du PEP. En effet, tout retrait partiel entre la 8e et la 10e année entraîne automatiquement la clôture du plan. Rien de tel après 10 ans, le plan pourra continuer son cours, à cette restriction près que tout nouveau versement sera alors interdit.
La rente pour les personnes seules
Pour une personne seule qui a besoin de revenus complémentaires, c'est la solution la plus adaptée. La rente lui sera en effet versée toute sa vie durant. Sans compter que son pouvoir d'achat sera préservé, dans la mesure où les rentes viagères profitent d'une revalorisation annuelle. En contrepartie, le capital est aliéné. L'épargnant en perd donc totalement la maîtrise. Si par malheur il décède peu de temps après de début du service de sa rente, l'assureur gardera le solde et les héritiers du titulaire du PEP ne perceront rien! Tous les professionnels conseillent donc, avant de sauter le pas, de se livrer à un bilan de santé.
La rente réversible pour protéger son conjoint
Une parade efficace pour éviter ou réduire les risques évoqués ci dessus: choisir une rente réversible. Au décès du titulaire du PEP, c'est son conjoint survivant qui en profitera. Les formules actuellement commercialisées proposent des réversions à 100% (ainsi le conjoint touche le même montant de rente que le titulaire), à 75% ou à 60%. Mais attention, plus le taux de réversion est élevé, plus c'est cher.
Bien évidemment, plus le taux de réversion est élevé, plus la rente initiale est faible. En effet, une rente réversible oblige, en principe, l'assureur à verser plus longtemps la même rente, puisqu'à la rente versée au titulaire s'ajoute, par la suite, une rente versée au bénéficiaire de la réversion. Mais, c'est le prix à payer pour la sécurité. Ce type de rente est recommandé pour les gens qui souhaitent protéger leur conjoint, surtout les conjoints sans profession, les femmes d'artisans ou encore ceux qui ont eu des carrières erratiques et qui de ce fait ne jouissent que d'un très faible complément de retraite.
La rente encore pour les gros patrimoines fortement fiscalisés
La rente viagère servie au terme d'un PEP est totalement exonérée d'impôt sur le revenu. Elle est en revanche soumise aux prélèvements sociaux de 10,3% sur une fraction de son montant (voir La fiscalité du PEP). Du coup, elle peut intéresser les gros patrimoines fortement fiscalisés. Cela leur fera toujours un complément de revenu viager qui échappe à l'impôt!
Comparer avant de signer
L'épargnant qui opte pour la rente viagère doit comparer les offres, avant de signer. Il n'est pas lié à l'organisme qui a géré le PEP. Ainsi, il lui suffit de demander à plusieurs assureurs de lui indiquer le montant de la rente annuelle. Et, il peut y avoir des différences sensibles! Pour ceux qui décident finalement de changer de prestataire, il leur faudra préalablement transférer leur PEP. Cette opération n'est rentable que si le premier assureur ou banquier ne pratique pas de pénalités en cas de transfert et si le nouvel organisme ne ponctionne pas trop sur le versement…
La souplesse des retraits partiels périodiques
Les Français boudent généralement la rente viagère. Il est vrai que cette formule manque farouchement de souplesse. Une fois l'engagement pris, il n'est plus possible de revenir en arrière. D'où l'attrait des retraits partiels périodiques ou occasionnels. Ici, il est possible à tout moment de modifier la périodicité ou le montant des retraits, voire de transformer le capital restant en rente viagère.
Par ailleurs, l'épargne qui reste sur le plan continue à produire des intérêts. Et élément psychologique déterminant: le capital n'est pas aliéné. En cas de décès, les héritiers ou bénéficiaires du titulaire récupèrent donc l'épargne non consommée. Seul point noir: la limite du capital. Alors qu'une rente viagère suit jusqu'à la fin des jours, les retraits cessent évidemment quand le capital a été intégralement consommé. Ce qui oblige à être plus vigilant quant à la gestion prévisionnelle de ses revenus.
Par Bernard Le Court
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