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Les performances des fonds éthiques restent en demi-teinte
En termes de marketing, « l'argent propre » fait vendre. Mais au regard des performances financières, il déçoit, comme en témoignent les chiffres communiqués par Standard and Poors. Entre le 9 janvier 2004 et le 07 janvier 2005, les fonds éthiques investis en actions ou en obligations ont gagné en moyenne 5,57 %. Pendant la même période, l'indice CAC 40 et les actions de la zone euro se sont valorisés respectivement de 11,21 % et de 10,55 %. Un écart du simple au double, sachant toutefois que les univers de comparaison ne sont pas identiques.
Si l'on raisonne sur trois ans, entre le 04 janvier 2002 et le 7 janvier 2005, l'écart subsiste mais se réduit. Toujours d'après Standard and Poors, les performances financières des fonds éthiques ont chuté en moyenne de 14,04 %. Pendant la même période, l'indice CAC 40 et les actions de la zone euro ont reculé de 11,63 % et de 12,32 %.
En fait, rappellent les gérants, le fait d'ajouter le filtre supplémentaire de la gestion éthique au sens large présente l'inconvénient de réduire le champ d'investissement de la cote des actions françaises. Cette limitation des possibilités de choix se vérifie tout spécialement pour les gérants qui excluent les titres de sociétés n'adoptant pas un comportement éthique. Et lorsque les titres ne sont pas totalement écartés, ils sont sous-pondérés dans le portefeuille de la SICAV ou du FCP. Ainsi par exemple en 2004, les valeurs pétrolières et celles liées aux services publics ont bien performé, mais sont restées sous pondérés dans ces fonds. « L'autre raison tient à une pratique française des analystes qui consiste à méconnaître dans l'étude des valeurs cotées l'incidence du respect des normes éthiques, exception faite des initiatives prises en matière de gouvernement d'entreprise ou dans une optique de développement durable », explique Jean Marie Gaudichau, gérant chez Vega. En revanche aux Etats-Unis, les gérants accordent une prime aux titres de sociétés engagées dans la démarche éthique. Il faudra sans doute attendre cinq bonnes années, pour que cette prise en compte soit effective en Europe. « Les comparaisons de performances entre les fonds socialement responsables et les fonds n'intégrant pas des critères extra-financiers dans la sélection de leurs portefeuilles, nécessitent des précautions : il faut s'assurer que les écarts de performance s'expliquent bien par la démarche éthique et non parce qu'on a comparé des fonds ne portant pas sur les mêmes univers de gestion », avertit Jean-Pierre Sicard, président de Novethic.
| De grands spécialistes En termes d'encours, les sociétés de gestion spécialisées dans les fonds éthiques et bien implantées en France sont aussi bien d'origine nationale qu'européenne. Parmi elles, la société franco-belge Dexia Asset Management est leader avec plus d'un milliard d'euros d'encours. Elle est suivie par BNP PAM (Paribas Asset Management), Macif Gestion, I.DE.A.M (Integral Development Asset Management, dans le giron du Crédit Lyonnais) et Axa IM (Investment Management). Alors que la plupart des sociétés investissent dans l'éthique, une a pour spécialité le développement durable : Sarasin Expertise Asset Management, implantation française de la Banque suisse Sarasin Cie SA, l'un des plus gros intervenants en Europe en matière de développement durable. Sa gamme comprend deux FCP : Sarasin Euro Midcaps Expansion durable, qui mise sur des petites sociétés de la zone euro, selon des normes de l'investissement socialement responsable; et de création plus récente, le FCP Sarasin Europe Expansion Durable tourné sur le secteur éthique en Europe.
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Par Martine Denoune
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