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FINANCE PERSONNELLE
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  Une large palette de produits

Les produits d'épargne solidaire peuvent prendre la forme de livrets, SICAV ou FCP, contrats d'assurance vie. Finansol, l'association pour le financement solidaire, a déjà labellisé une quarantaine de propositions, qu'elle classe en deux familles distinctes :

- les placements de partage où une proportion des revenus générés doit être distribuée sous forme de dons à des organismes solidaires. Ainsi, le particulier souscrit un placement en acceptant qu'une partie des revenus soit reversée à une association de son choix. Il choisit de faire don de 25 %, 50 %, 75 %, voire même 100 % des intérêts. Moyennant quoi, en tant que donateur, il reçoit un justificatif qu'il pourra joindre à sa déclaration de revenus.

D'autres acteurs du monde mutualiste tels que la Macif ou le Crédit Coopératif proposent plusieurs véhicules d'épargne : carte de crédit, Codevi, livret d'épargne, FCP. Par exemple lors de chaque retrait dans un distributeur automatique, le détenteur d'une carte Bleue Agir accepte que six centimes soient versés à l'association de son choix : Médecins du Monde, UNAPEI, AIDES, Action contre la faim, Energies pour le monde. Certaines de ces associations sont retenues comme bénéficiaires des dons automatiques de la moitié des intérêts annuels du livret Agir. Diffusé par le Crédit coopératif, ce produit est rémunéré au taux du livret A majoré d'un point.

Premier fonds commun de placement humanitaire europén, le FCP Faim et Développement partage chaque année les gains au profit d'associations travaillant pour réduire l'écart entre les pays du Nord et ceux du Sud. Créé en 1983, ce produit s'est transformé à la fin de l'année 2000, en un fonds en trois compartiments : trésorerie, équilibre, horizon. Le souscripteur capitalise 50 % des revenus et verse le solde sous forme de dons aux associations partenaires pour les aider dans leurs projets sur le terrain.

Si l'on préfère le cadre fiscal de l'assurance-vie, des initiatives existent également. Ainsi la Carac, mutuelle d'épargne de retraite et de prévoyance, vient de signer Entraid'Epargne Carac, qui permet aux adhérents de reverser 1 % de chacun de leurs versements au profit de la Croix-Rouge Française. Ce don donne droit à une réduction d'impôts.

- les produits d'investissement solidaire. Le mécanisme de solidarité différe puisqu'il se situe au niveau de l'encours de l'investissement. Pour que ce dernier soit reconnu «solidaire», la loi exige qu'au moins 10 % de son encours soit destiné au financement de projets solidaires. Par exemple à la création de petites entreprises par des personnes en difficulté ou au logement de familles en situation précaire ou encore au développement d'activités dans les pays du Sud. Par exemple, au Crédit Coopératif, 10 % du FCP Choix solidaire est investi directement dans des entreprises solidaires françaises ou européennes. Autre exemple : le compte épargne de la NEF a pour mission d'encourager les prêts accordés pour financer des projets à vocation environnementale.

Quel que soit l'objet de l'emploi des sommes collectées, la transparence est assurée par la publication de la liste exhaustive des prêts accordés chaque année. Une manière pour l'épargnant d'exercer un contrôle a posteriori.

A côté de ces placements individuels, il est possible d'emprunter le créneau de l'épargne salariale. D'ailleurs sur les 116 000 épargnants solidaires en 2003, quelques 65.000 avaient souscrits des produits par le biais de l'épargne salariale. Ce canal de collecte représente 138 millions d'euros sur les 536 millions d'euros collectés à travers les produits d'épargne solidaire, soit près d'un quart.

Un critère supplémentaire : la « plus-value éthique ». A l'instar des autres placements, l'épargnant peut choisir un produit en tenant compte de critères classiques (performance, rémunération, sécurité, liquidité), mais également de la « plus-value éthique ». Ainsi par exemple les obligations associatives émises par des associations pour assurer leur propre financement, dégagent généralement une rémunération relativement faible. Dans le cadre d'un appel public à l'épargne, l'agrément de l'AMF donne des garanties suffisantes sur le sérieux de l'émetteur. En l'absence de dispositif spécifique mis en place par l'association ou la banque accompagnatrice, la liquidité est plutôt mauvaise. Quant à la « plus-value éthique », elle se traduit par l'adhésion des souscripteurs aux objectifs de l'association.

Par Martine Denoune

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