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FINANCE PERSONNELLE
  Banque
  Emmanuel Constans* : « Pas encore assez de concurrence sur les commissions »

Vous n'avez pas tranché sur le coeur de la plainte de l'UFC-Que Choisir, les marges bancaires ?

Trois mesures ont été prises en matière de tarification dans le cadre du « paquet » annoncé le 9 novembre par Nicolas Sarkozy. Les frais de clôture de comptes vont être supprimés. Les retraits d'espèces au guichet de leur agence bancaire, facturés aux personnes ne disposant pas de cartes, devront être gratuits. Les banques devront aussi proposer des forfaits pour les chèques impayés, dont la facturation en cascade est peu lisible.

 

Aucune disposition n'a concerné le niveau de ces tarifs ?

Demander aux pouvoirs publics de réguler les Tarification : ce que nous préparent les banques est aujourd'hui impensable. Les tarifs sont libres et il est important qu'ils le restent. Toute limitation des tarifs pourrait être considérée comme une entente. Cependant, les mesures décidées entre l'ensemble des partenaires vont dans le sens d'une plus grande transparence, et donc d'une concurrence plus forte entre établissements bancaires.

 

C'est une baisse des tarifs induite par l'incitation à la concurrence ?

Exactement. La suppression des frais de clôture facilitera les changements de banques. Les banques se sont aussi engagées à étudier dans les six mois un récapitulatif de leurs frais qu'elles adresseront à leurs clients. La transparence des tarifs devrait entraîner leur ajustement à la baisse. En outre, les pouvoirs publics, et en particulier le CCSF, seront extrêmement vigilants sur l'application de ces mesures. Ces négociations, officielles et sans précédent, ont mis à plat les divergences et abouti à des résultats inimaginables quelques semaines auparavant. Elles éviteront à l'avenir les abus bancaires.

 

Quel a été le poids de Bruxelles dans le choix de l'incitation plutôt que de la réglementation ?

Il a été central. La réglementation européenne impose la liberté des prix et interdit toute entente. Sans elle, nous n'aurions pas abouti au même résultat.

 

Mais la concentration du secteur bancaire français n'annule-t-elle pas, de fait, ces efforts ?

La liberté et la concurrence tarifaires ont été des principes importants, validés par l'ensemble des participants. Ils n'avaient jamais été affichés aussi clairement. En outre, il suffit de constater la bataille des taux que se livrent les banques sur les crédits pour montrer que la concentration n'empêche en rien la concurrence.

 

En revanche, sur les commissions ce n'est pas le cas ?

Je dirais plutôt que ce n'est pas encore assez le cas. Il faut que les banques, comme les associations de consommateurs, tirent toutes les conséquences des négociations et des mesures que nous avons adoptées.

 

L'UFC-Que Choisir vient pourtant d'attaquer cinq banques pour « des tarifications sans rapport avec les coûts et le service rendu » ?

L'UFC-Que Choisir a mené son étude avec sa méthode. Je ne crois pas aux actions unilatérales. Qu'elles viennent des banques ou des associations, elles me semblent, dans le nouveau contexte actuel, dépassées.

 

*Le président du comité consultatif du secteur financier (CCSF)

Par A. DR.

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