Comment les banques tarifent leurs produits ?
Le prix du crédit. A près de 50 %, le prix d'un crédit dépend du coût de la ressource. Pour une part mineure (de 2 % à 3 %), il dépend sinon des coûts techniques, du coût du risque (plus de 1 %) et de celui des fonds propres (0,5 %). Un peu plus de 40 % représentent donc la marge. Bâle 2 devrait réduire le coût des fonds propres de la moitié environ. Mais, sur 0,5 %, l'impact sera neutre.
Les commissions. Les banques facturent leurs produits et services selon trois critères : le coût des opérations, la concurrence, le « trade off », d'où naissent des faisceaux de tarifs possibles.
Concurrence. Le paramètre concurrentiel est prépondérant et dépend de la cible de clients visée par la banque.
Trade off. Les banques font appel à des cabinets de sondage pour connaître le prix que serait prêt à payer leur client pour la délivrance du produit, le « trade off ».
Le coût. « Si les prix paraissent proches entre banques, c'est qu'elles ont des structures de coûts équivalentes », explique un banquier. Le coût des opérations n'a fait l'objet d'une approche pertinente qu'à partir du début des années 1990 avec la comptabilité analytique. Auparavant, les banques procédaient par gestion de grands équilibres coût/revenus. Aujourd'hui, « il existe des domaines où le coût des opérations est bien maîtrisé, mais, dès qu'il s'agit de prestations manuelles, l'approche est beaucoup plus difficile », indique un banquier. L'impact du coût sur le prix du produit varie aussi selon « que l'on est ou non une banque de masse qui permet de mutualiser les opérations ». Mais, dans son ensemble, la variable coût sur le tarif est toujours difficile à apprécier. Une étude comparative de Capgemini pour l'EFMA montre que les banques européennes avec le plus fort coefficient d'exploitation ne sont pas les plus chères.
Par ANNE DRIF
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