Quel impact de la baisse de rendements obligataires sur les fonds en euros ?
Les actifs en euros des assureurs sont largement investis en obligations et la plupart des assureurs détiennent jusqu'à 75 % à 80 % d'obligations.Or aujourd'hui, les emprunts d'État à dix ans sont rémunérés à 4,20 %. Les assurés risquent-ils d'obtenir en 2004 des rendements proches de ce pourcentage si les taux des emprunts obligataires ne remontent pas ?
Michel Dupuydauby, directeur général de MACSF Epargne Retraite, fait remarquer qu'il « faut distinguer entre les stocks et les flux. N'ont besoin d'être investis sur les marchés obligataires que les flux qui pour notre contrat principal, le RES, ne représentent, coupons inclus, que 15 % de l'actif. MACSF dispose d'une marge de solvabilité de 3,8 fois la marge réglementaire et d'une provision pour participation aux excédents (PPE) de 260 millions d'euros après la distribution réalisée au titre de l'année 2003. Cette provision qui représente en pourcentage l'équivalent de 3 points de rendement est restée pratiquement au niveau de 2002. N'ayant été que peu utilisée en 2003, elle augure, déjà, des taux 2004 et des rendements des années suivantes pour cette société qui a habitué à donner de bonnes rémunérations à l'épargne confiée ».
A l'association Asac Fapès, dont le fonds en euros a servi l'an dernier un rendement de 5,05 % nets, Didier Brochard, directeur général, n'est pas inquiet : « Nous avons largement anticipé ce qui se passe aujourd'hui grâce à un principe de précaution ; l'actif Asac date de 1978 et il a été cantonné au début des années 90. Nous avons, donc, pu engranger au fil des années des obligations à des niveaux très intéressants, un gage de sécurité pour l'avenir. Le poids des adhésions nouvelles conserve un impact faible sur le rendement ».
Mais, si les taux obligataires remontaient brutalement, la situation ne serait pas meilleure pour certains assureurs qui risqueraient de supporter des moins-values latentes.
En tout cas, à l'Asac Fapès pour prendre en compte le risque de remontée des taux, l'actif Asac a fait l'objet d'une couverture en cas de remontée des taux sur une part significative du portefeuille, assure Didier Brochard qui rappelle qu' « il ne faut pas non plus oublier que nous avons mis en place une provision pour participation aux excédents qui conserve un potentiel de 1,2 point de rendement ». Cette PPE permet aux assurés de bénéficier d'une plus de régularité dans les taux servis malgré les risques des marchés financiers face à la dilution des taux des rendements.
Chez Prudence Vie, Christian Lefort, directeur général, dont le fonds en euros avait donné 5,11% nets l'an dernier, reste très optimiste sur les rendements des fonds en euros.
Il estime que « l'impact de la baisse des taux sera différent selon la structure du portefeuille des assureurs ». Pour lui, il y a un facteur principal à prendre en considération qui « consiste à analyser à quel taux l'assureur va réinvestir des obligations dont les rendements moyens de 7% ou plus viennent à échéance, sans oublier le réinvestissement des coupons et du cash flow lequel est très dépendant des entrées et des sorties des assurés ».
La baisse des rendements obligataires n'aura, si elle ne dure pas longtemps, que peu d'influence. Si aujourd'hui, personne n'en connaît la durée, les assureurs semblent plus redouter une remontée brutale des taux que la poursuite de cette tendance baissière.
Par Bernard Le Court