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FINANCE PERSONNELLE
  Que devient votre mutuelle santé ?

En matière de santé, le sort du futur retraité dépend de son régime antérieur. S'il s'était assuré individuellement et en dehors de son entreprise, son départ à la retraite n'a aucune incidence et sa couverture santé continue à jouer normalement. Il en va tout autrement s'il était couvert via son entreprise et il faut alors distinguer plusieurs situations.

La plus confortable : en vertu d'un accord d'entreprise, le retraité reste affilié à son régime collectif antérieur, avec ou sans participation financière de l'entreprise. " Un temps pratiquée par les grands groupes, cette solution est de plus en plus marginale, car elle crée des passifs sociaux importants pour les entreprises ", explique Benjamin Oyer, directeur commercial retraite chez le courtier Aon.

Deuxième hypothèse : le contrat proposé par l'entreprise ou le comité d'entreprise était facultatif - le caractère facultatif ou obligatoire de la garantie est à vérifier auprès de la DRH. La couverture cesse alors au moment du départ à la retraite, et l'ancien salarié n'a plus d'autre solution que de se trouver une nouvelle mutuelle.

S'il bénéficiait en revanche d'un contrat d'entreprise obligatoire (impossibilité de refuser la garantie et donc le prélèvement des cotisations d'assurance sur son salaire), le jeune retraité bénéficie alors d'une protection légale, une sorte de garantie de " continuation ", appelée " droit de suite ", mais qui, à y regarder de plus près, n'est pas d'une redoutable efficacité.

" L'organisme assureur de ce même contrat est tenu de proposer à tout salarié qui en fait la demande dans les six mois de son départ un maintien de sa couverture frais de santé, dans le cadre d'un contrat individuel, qui ne doit être soumis à aucune période probatoire, ni sélection médicale ", rappelle l'Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles (Acam), dans son rapport annuel pour 2006. Quant au tarif, il ne doit pas augmenter de plus de 50 % par rapport au tarif moyen appliqué précédemment dans le cadre de l'entreprise.

Ce dispositif, normalement protecteur, n'est cependant pas très efficace dans la mesure où les futurs retraités ne sont parfois pas informés de son existence. De leur côté, assureurs ou mutuelles, arguant du tarif contraint ou des difficultés d'interprétation de la loi, ne s'empressent pas de promouvoir ces produits de sortie de groupe auprès des anciens salariés. Toutefois, s'ils en font la demande, les garanties " de suite " ne peuvent pas leur être refusées par leur ancien assureur collectif. Mais, même dans cette situation, le retraité n'est pas à l'abri du choc tarifaire.

" Dans un régime d'entreprise obligatoire, l'employeur prend généralement la moitié de la cotisation à sa charge, voire davantage. A la retraite, non seulement la participation de l'entreprise disparaît, mais, en plus, le tarif est majoré de 50 % au minimum. Ce qui, au final, revient au triplement de la contribution du jeune retraité ", calcule Maurice Ronat, président de la Fédération nationale des mutuelles interprofessionnelles (FNMI). Et encore, cela n'est valable que la première année. " Il convient en outre que les assurés gardent à l'esprit que la loi n'interdit pas non plus des augmentations ultérieures des tarifs de leur contrat individuel, dans la mesure où cette hausse est uniforme pour l'ensemble des assurés ou adhérents y souscrivant ", insiste l'Acam dans son rapport.

Il arrive aussi que l'organisme assureur propose un contrat autre que le contrat de " suite " au jeune retraité. Il s'agit alors d'un contrat standard dans lequel l'assuré ne bénéficie même plus de la mince protection tarifaire de la loi (l'augmentation maximale de 50 %). " Il n'y a alors aucun intérêt à rester attaché à son ancien assureur collectif, et autant faire jouer la concurrence avant de souscrire ", conseille Mathias Matallah, président de Jalma, une société de conseil en assurance de personnes.

Quelle qu'ait été leur situation antérieure, un certain nombre de jeunes retraités vont devoir chercher un nouveau contrat. Les bonnes nouvelles d'abord : la sélection médicale n'est généralement plus pratiquée et la garantie accordée est viagère - l'assureur doit couvrir son nouveau client tout au long de sa vie, sans pouvoir le mettre à la porte. Mais attention, les tarifs, eux, sont fixés en fonction de l'âge de l'assuré et sont donc sensiblement plus élevés pour les retraités que pour les actifs. Un exemple avec un couple de jeunes sexagénaires qui, habitant dans l'Ouest parisien, devra acquitter pas moins de 1.000 euros par an pour une simple couverture complémentaire santé de base (voir ci-dessous). De plus, le tarif continue d'augmenter avec l'âge. Il faut donc se méfier des prix d'appel et vérifier d'entrée de jeu comment, et en fonction de quels paramètres, les tarifs évoluent ensuite.

" Il est difficile de passer d'un contrat d'entreprise généralement très couvrant, notamment au niveau des dépassements d'honoraires, à un contrat individuel. Alors, pour limiter la casse au niveau du prix, nous proposons aux retraités de choisir des garanties parfois plus raisonnables, mais mieux adaptées à leurs besoins ", explique Maurice Ronat. A côté du tarif, il faut aussi vérifier l'étendue des garanties. " Les seniors réagissent souvent comme des actifs en se contentant, avant de faire leur choix, d'examiner les garanties optique et dentaire. Malheureusement, cela ne suffit pas. A la retraite, il faut impérativement bien s'assurer contre les risques plus lourds comme l'hospitalisation, par exemple ", insiste Mathias Matallah. Le choix d'une assurance complémentaire santé devient un acte patrimonial de première importance. Il faut accepter d'y consacrer du temps.

Les tarifs ci-contre ont été calculés sur www.assurland.com, pour un couple de jeunes retraités de 60 ans (Monsieur était salarié, Madame sans emploi). Pour chaque demande, www.assurland.com a sorti les quatre meilleurs tarifs de ses différents partenaires. Les contrats classés dans chaque rubrique (économique, sécurité ou confort) sont, bien sûr, tous différents.

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