Contrats sur Internet : pour les assurés avertis seulement
Au lancement du produit Symphonis, les clients commençaient par verser le minimum, regardaient comment évoluait leur contrat et, une fois rassurés, ils investissaient des sommes plus importantes. Aujourd'hui, la confiance s'est installée et ils versent tout de suite de plus gros montants. " Cette seule affirmation d'Olivier Nigen, directeur du développement chez Suravenir, suffit à illustrer le développement de l'assurance-vie sur la Toile. Boursorama, ING Direct ou LinXéa ont par exemple plus que doublé les sommes qu'ils géraient au titre de l'assurance-vie en 2006 (respectivement 630 millions d'euros contre 300 millions en 2005, 470 millions d'euros contre 170 millions, et 107 millions d'euros contre 41 millions un an plus tôt)..
" Sur le marché de l'assurance-vie, nous avons senti l'émergence d'une clientèle qui voulait gérer son contrat en direct, sans conseil patrimonial, avec des supports d'investissements performants et des services interactifs de qualité ", résume Jean-Eric Mercier, président de Fidelity France (filiale du géant américain de gestion d'actifs), qui vient juste de lancer son assurance-vie sur Internet.
A en croire les professionnels, le Web est en train de devenir un mode de consommation courant de l'assurance-vie, même s'il ne représente encore qu'une très faible part de la collecte totale (estimée à 1 %). Il n'est cependant pas universel et le portrait-robot du Web-assuré type en témoigne : c'est un client de moins de 60 ans, généralement un homme, plus fortuné que la moyenne et habitué à surfer sur la Toile.
L'assuré qui se lance doit en effet posséder une certaine autonomie en matière de placements financiers, car le modèle économique se caractérise par l'absence de conseil physique et personnalisé. " L'information disponible sur les sites est très riche, mais encore faut-il savoir la lire ", fait valoir Sonia Fendler de Generali Patrimoine. Simulations en tout genre - notamment pour déterminer son degré d'aversion au risque, son profil d'investissements -, liste des fonds disponibles avec pour chacun leur notice AMF, alertes en cas de baisse de certains supports, voire la possibilité de consulter des bases de données pour comparer la performance des fonds. Bref, une information financière de pointe, et qui a l'avantage d'être toujours à jour.
L'assuré peut généralement, au moment de la souscription ou d'un versement, laisser un message pour se faire rappeler par un conseiller. LinXéa va même plus loin : " Nous proposons les services d'un bureau d'analyse indépendant, La Financière Rochenoire, qui, toutes les semaines, dissèque les différents supports proposés et émet des recommandations en fonction des différents profils de risque choisis par les assurés ", explique David Capdevielle, son cofondateur et gérant. Reste que la décision finale de suivre ou non leurs recommandations se fait dans la solitude de l'assuré, devant son écran. Quant aux conseils juridiques, les téléconseillers dispensent une information minimale, mais insuffisante pour les montages complexes. " Dans cette situation, nous faisons appel aux juristes de notre assureur, Generali Patrimoine ", précise Dorothée Van Gemert, chef produit investissement et marketing chez ING Direct. " De notre côté, nous indiquons clairement au client qui a besoin d'une étude patrimoniale plus pointue de se tourner vers un conseiller en gestion de patrimoine ", explique Jean-Eric Mercier.
Pour les clients avertis, les contrats Internet seraient en revanche " les Rolls-Royce de l'assurance-vie multisupport ", selon Sonia Fendler. Les frais d'abord. Sauf exception (Sicavonline prélève 1 % de droits d'entrée), les contrats Internet ne prélèvent pas de frais sur versements : 1.000 euros investis, c'est 1.000 euros placés. " Il faut tordre le coup à cette rumeur qui veut que nous récupérions l'absence de frais d'entrée sur les frais de gestion des OPCVM. C'est totalement faux : les frais sur OPCVM sont des frais standards - ceux affichés au sein des notices AMF -, et sont donc identiques pour un même fonds d'un distributeur à un autre. Par ailleurs, ils sont très clairement indiqués sur les documents de souscription de notre contrat, ainsi que sur Internet ", corrige Dorothée Van Gemert. Les frais de gestion et d'arbitrage sont tout à fait conformes à ceux appliqués sur les autres contrats multisupport, voire souvent inférieurs (à nombre de supports et options égal). Le modèle économique n'en souffre pas, la gestion dématérialisée étant plus économe en locaux et en personnel, comme le confirme Olivier Nigen, qui dit " dégager une marge identique sur les contrats Internet et sur ceux distribués physiquement ".Une architecture ouverte et de nombreux fonds
Enfin, la gestion du contrat est facilitée. La paperasse disparaît presque entièrement (sauf les versements pour lesquels il faut continuer à envoyer un chèque), se faisant par écran interposé, quel que soit le lieu et l'heure de la réalisation de l'opération, et notamment des arbitrages. Il faut veiller bien sûr à ce que ces derniers soient pris en compte dès le lendemain de l'ordre de transfert des fonds (à J + 1), sinon la gestion Internet perd de son intérêt.
Quant à la sécurité, elle est garantie par l'assureur, qui est seul garant des sommes placées. D'ailleurs, tous les versements, chèques ou virements, sont faits exclusivement à l'ordre de la compagnie, sans transiter par le compte de l'intermédiaire. Et, si, dans le pire des cas, le courtier venait à disparaître, l'assurance-vie serait tout simplement transférée chez l'assureur.
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