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FINANCE PERSONNELLE
  Pourquoi l'assurance-vie ?

L'assurance-vie ne serait-elle séduisante qu'en raison de son régime fiscal d'exception ? Que non. Sa souplesse sans équivalent en fait un placement capable d'accompagner toutes les situations. " Elle offre des avantages tout au long de la vie : pour les jeunes c'est l'exonération de la plus-value qui prime, les plus âgés y voient surtout un outil de transmission efficace ", résume Sonia Fendler, directeur du développement chez Generali Patrimoine.

Avec la diffusion et la démocratisation des contrats multisupport, jamais l'assurance-vie n'avait connu une telle souplesse financière. Ceux qui ont une forte aversion au risque ou qui préfèrent avant tout une épargne de précaution, peuvent, à l'intérieur de ces contrats de nouvelle génération, opter pour un placement investi à 100 % sur le fonds en euros et se préserver ainsi de tout risque de perte sur le capital. Dans un contrat, " c'est le seul support qui garantit une évolution du patrimoine supérieure à celle des prix, sans que jamais le capital placé ne baisse. Aucun autre support financier, sauf peut-être les fonds monétaires, n'offre une telle garantie d'amélioration permanente de l'épargne ", explique Michel Dupuydauby, directeur général du groupe MACSF.

Les épargnants plus audacieux peuvent, eux, profiter à plein des multiples fonctionnalités des multisupports. " Ils permettent d'investir sur toutes les classes d'actifs, avec une fiscalité plus intéressante que celle du compte titres et un champ d'investissement beaucoup plus large que celui du PEA (plan d'épargne en actions) qui est limité aux seules actions européennes ", précise Dorothée Van Gemert, chef de produit investissements chez ING Direct. Surtout, le contrat multisupport autorise les changements de supports au gré de l'évolution des marchés financiers ou des besoins des épargnants. Vous anticipez un vaste mouvement de panique sur les places boursières ? Il suffit alors de transférer les sommes investies sur les unités de compte vers le fonds en euros. " De cette manière, vous sécurisez votre placement et surtout vous transférez le risque de perte sur l'assureur. Aucun autre outil ne permet de le faire avec autant d'élégance, ni le PEA, ni les compte-titres, dans lesquels il n'existe pas de fonds réceptacle garanti offrant, qui plus est, un rendement aussi significatif ", souligne Philippe Baillot, directeur de BRED Banque Privée.

La même opération de transfert vers le fonds en euros est recommandée, si l'horizon personnel de placement du souscripteur change brusquement du tout au tout. C'est le cas par exemple lorsqu'il a décidé d'investir dans l'immobilier à brève échéance et qu'il ne veut plus supporter aucun risque de perte dans l'intervalle.

Cette souplesse de gestion n'est assortie d'aucune pénalité fiscale. Les arbitrages d'un fonds à un autre sont possibles, " sans que les plus-values réalisées ne fassent tourner le compteur applicable aux cessions de valeurs mobilières et au-delà duquel elles sont taxées ", fait valoir Didier Ledeur, directeur vie et offres financières à la GMF.

Avec la baisse continue des taux de remplacement, la problématique de la retraite reste l'une des principales préoccupations des Français. Aussi, " plus de 45 % des personnes qui épargnent pour leur retraite utilisent la solution de l'assurance-vie, moins de 15 % utilisant des placements dédiés comme le PERP (plan d'épargne retraite populaire), les solutions d'épargne collective ou les contrats Madelin (pour les travailleurs indépendants) ", note le cabinet d'études stratégiques Précepta dans une étude parue début mars.

Pourquoi un tel engouement ? L'assurance-vie offre une bonne valorisation de l'épargne, tout en affichant une souplesse maximale tant au niveau des versements (aucune obligation de versements réguliers et possibilité de les cesser à tout moment) que de la consommation de l'épargne investie. Vous devez faire face à une dépense exceptionnelle ou donner un coup de pouce financier à vos proches : les retraits partiels sont possibles à tout moment. Vous voulez vous constituer un complément de revenus réguliers pour pallier la baisse de votre niveau de vie consécutive à votre mise en retraite : vous pouvez mettre en place un programme de retraits réguliers. Vous avez besoin d'un revenu viager, mais craignez de ne pas vivre assez longtemps pour en profiter vraiment ? Il faut alors choisir une sortie en " annuités certaines ", un terme technique qui signifie simplement que vous définissez la durée du versement de votre rente (10 ans, 15 ans, etc.) et que si vous disparaissez dans l'intervalle, l'assureur continuera à la verser au bénéficiaire de votre choix. " En revanche, pour les personnes qui se sentent fragilisées et qui n'ont pas de proches pour les aider à gérer leur patrimoine financier, mieux vaut opter pour une rente à vie, versée jusqu'à la fin de leurs jours, sans qu'ils n'aient plus à se préoccuper de rien ", suggère Philippe Baillot.

Malgré tous ses avantages, l'assurance-vie n'est pas un placement liquide. Pour profiter au maximum de son dispositif fiscal et amortir les frais de souscription, mieux vaut s'engager sur 8 ans. Bien sûr le retrait partiel ou total est possible à tout moment, mais les plus-values ou intérêts générés par le contrat sont alors taxables à 46 % (35 % +11 % de prélèvements sociaux) au cours des quatre premières années et à 26 % au cours des quatre années suivantes (15 % +11 % de prélèvements sociaux). Au bout de huit ans en revanche, le taux de taxation est ramené à 18,5 % (7,5 % +11 % de prélèvements sociaux), après abattement annuel de 4.600 euros (personne seule) ou de 9.200 euros (couple).

" Certes l'assurance-vie n'est pas liquide, mais elle est disponible ", tient à préciser Didier Ledeur. Outre la faculté de retrait toujours ouverte, les assurés peuvent, en cas de besoin, demander une avance à l'assureur, généralement limitée à 80 % des sommes portées sur le fonds en euros et à 60 % de celles portées sur les supports en unités de compte, moyennant un taux d'intérêt égal au taux de rendement du contrat en euros (de 4 % à 5 % en 2006) majoré de 1 % à 2 %. " Quand j'octroie une avance, ce n'est en effet pas l'argent de l'assurance-vie - qui continue à fructifier normalement -, que je donne : c'est en fait un prêt avec une forme de mise en gage du contrat ", explique Didier Ledeur.

Parfois plus coûteuse que certains crédits à la consommation, l'avance présente cependant deux avantages. D'abord, aucun échéancier de remboursement n'y est attaché, l'assuré disposant de trois ans pour désintéresser la compagnie. Ensuite, l'assureur prête sans demander de justificatifs de revenus par exemple, parce qu'il est sûr d'être remboursé, ne serait-ce qu'avec l'épargne restée placée sur l'assurance-vie.

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