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Guide de la finance d'entreprise

L'ACTION

L'action est une part des capitaux propres de l'entreprise lorsque celle-ci est constituée en société anonyme.
Elle constitue donc une source de financement pour l'entreprise, de même que les titres de dettes dont elle se différencie nettement.
En effet, les capitaux propres :
- ont une rémunération qui est fonction des résultats de l'entreprise. Il n'y aura pas de dividendes ou de plus-values si les résultats sont mauvais !
- ne bénéficient d'aucune garantie d'un quelconque remboursement à une échéance quelconque, proche ou lointaine. La seule " sortie " des capitaux propres s'effectue par la cession à un nouvel actionnaire qui accepte de prendre le relais
- et sont, en cas de faillite, remboursés en dernier, après que les créanciers ont été désintéressés. Mais le plus souvent la liquidation des actifs est insuffisante pour rembourser à 100% les créanciers !

Ces notions sont fondamentales pour analyser la valeur d'une action, qu'elle soit cotée ou non :

1. Bénéfice net par action (BPA)

Il traduit l'enrichissement théorique de l'actionnaire, rapporté à une action, pendant l'année puisque le bénéfice net revient aux actionnaires.
Il doit normalement faire l’objet de retraitements, notamment afin d’extourner les opérations exceptionnelles, (éventuellement) l’amortissement des survaleurs car l’investisseur est intéressé par le résultat normal, récurrent, et de tenir compte de la dilution potentielle.

2. Le dividende par action (DPA)

En général, les dividendes constituent une répartition du bénéfice net de l'exercice clos, mais ils peuvent également être distribués par prélèvement sur les bénéfices passés mis en report à nouveau ou en réserves.
On parle de dividende global ou brut lorsque le dividende est calculé après avoir fiscal. L'avoir fiscal, aussi appelé " impôt déjà payé au Trésor ", correspond à une restitution partielle de l'impôt sur les sociétés qui évite en partie la double imposition des bénéfices au niveau de la société, puis de l'actionnaire. L'avoir fiscal en France est égal à la moitié du dividende mis en distribution par la société.
En définitive, l'actionnaire touche le dividende et a droit à une réduction d'impôt égale à la moitié du dividende versé par la société. Au total son revenu global est égal à 1,5 fois le dividende versé (Pour les personnes morales, l'avoir fiscal a toutefois été réduit à 25% en 2001 et 15% en 2002 sur les actions n'ouvrant pas droit au régime mère-fille).

3. Le rendement de l'action

Le rendement par action est le rapport du dernier dividende versé au cours de l'action:

Taux de rendement

Il est global ou net, selon que le dividende retenu pour son calcul est global (avec avoir fiscal) ou net (sans avoir fiscal).

4. Le taux de distribution (pay-out ratio)

Il représente le pourcentage du bénéfice de l'exercice distribué aux actionnaires sous forme de dividendes.
Il se calcule en rapportant le montant des dividendes nets au bénéfice net, au titre du même exercice :

Taux de distribution

Au-delà de 100%, une entreprise distribue plus que son bénéfice, elle puise donc le solde dans ses réserves.
Au contraire, un taux de distribution proche de 0% indique que l'entreprise réinvestit ses bénéfices pour assurer son autofinancement.
Le dividende versé par un groupe est juridiquement prélevé sur le bénéfice de la maison-mère. Cependant, il est à rapprocher du bénéfice net consolidé (part du groupe), seul significatif, car la plupart du temps la société-mère du groupe ne joue qu'un rôle simple de holding.

5. La capacité d'autofinancement par action

La capacité d'autofinancement (CAF) par action ne repose sur aucun fondement théorique, dans la mesure où elle ne constitue pas un accroissement réel de richesse.

Toutefois, la capacité d'autofinancement par action est utilisée, dans la pratique, pour deux raisons :
· elle peut, lorsque le BPA est très faible, permettre des comparaisons que n'autorise plus le bénéfice
· l'une de ses composantes, la dotation aux amortissements, est parfois fort peu liée à l'usure économique réelle de l'entreprise et résulte d'une politique fiscale. Les comptes consolidés atténuent fort heureusement ce défaut.

6. Les capitaux propres par action (parfois appelés net action)

C'est l'estimation comptable de la valeur d'une action. A priori directement comparables à la valeur financière, ils résultent d'une logique profondément différente.
Les capitaux propres par action sont en effet le résultat des politiques menées jusqu'à la date de l'analyse et correspondent au montant investi par les actionnaires (augmentation de capital et bénéfices nets réinvestis) dans l'entreprise.
Suivant la nature des actifs de l'entreprise, ils peuvent être ou non réévalués. En général, ils ne le sont que pour les institutions financières ou les sociétés holdings.

7. taux de rentabilité exigé par l'actionnaire

Le taux de rentabilité exigé par l'actionnaire est égal au taux de l'argent sans risque(rF) majoré d'une prime de risque fonction du risque de marché (ou systématique) de l'action. C'est l'enseignement du MEDAF (voir fiche sur le MEDAF).

Taux de rentabilité exigé

8. Le taux de rentabilité obtenu par l'actionnaire

Sur une année, l'actionnaire obtient concrètement le taux de rentabilité qu'il exige grâce au dividende (taux de rendement) et grâce à la progression de la valeur de l'action (plus-value rapportée au cours initial) :

Taux de rentabilité obtenu

Sur une plus longue période, on calcule un taux actuariel, le Total Shareholder Return (TSR) en franglais.

9. Le flottant

C'est la part des actions qui appartient à des investisseurs obéissant à une pure logique financière : acheter quand le cours paraît bas, vendre quand il semble élevé. N'appartiennent pas au flottant les actions d'actionnaires qui les gardent pour des raisons autres que financières : contrôle, attachement familial et qui ont tendance ni à vendre, ni à acheter, mais à garder.

10. La capitalisation boursière

C'est la valeur boursière des capitaux propres d'une entreprise. Elle résulte de la multiplication du nombre d'actions par le cours de bourse. À ce prix, il est cependant rare de pouvoir acheter d'un seul coup la majorité des actions de telle sorte à en détenir le contrôle et à choisir l'équipe de direction. Il est le plus souvent nécessaire de payer une prime de contrôle.


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