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QU'ELLE FUT " VERTE" LA SEMAINE PASSÉE !
À L'APPROCHE DES 5200 POINTS AU CAC40, RETENONS NOTRE SOUFFLE ...
UNE SEMAINE SI "VERTE" !
À l'exception d'une fugace et bien modeste pause jeudi, le CAC40 a passé la semaine dans le "vert" en battant record sur record pour terminer vendredi au plus haut depuis début août 2001 à 5141,08 points, en progression hebdomadaire de +1,4% ou +9% sur l'année et +27% sur douze mois. La tendance haussière entamée il y a vingt semaines s'est ainsi poursuivie en dépit du recul du dollar et du rebond du prix du pétrole.
Le SP500, malgré une forte volatilité de fin semaine due aux "4 sorcières" (échéances des options sur futures et indices) a gagné +2% en cinq séances ( +4,7% sur l'année et +9% sur douze mois) confortant le sentiment d'une économie américaine en forme mais sans tension inflationniste accrue.
UNE ASCENSION QUI SE JUSTIFIE
La performance des indices parisiens s'explique, notamment, par l'excellence des résultats 2005 publiés. Pour le seul CAC40, les profits cumulés ont atteints l'an dernier quelque 84,5 millards d'euros soit une hausse annuelle de +27%, là où les analystes attendaient +10,4% en début d'exercice !
Cette excellente performance des quarante grands groupes qui composent l'indice-phare de la bourse de Paris tient pour l'essentiel à leur exposition internationale où ils réalisent en moyenne 70% de leur chiffre d'affaires et ... 80% de leurs profits. Grâce à leurs efforts d'adaptation, ils ont su capter les effets bénéfiques d'une croissance mondiale forte, de taux d'intérêt bas et d'un dollar en hausse inattendue.
Plus encore que le score en résultat net absolu, il conviendrait de saluer l'excellence des résultats d'exploitation à 12,3% en moyenne (vs. 11,4% en 2004), du ratio de bénéfice net/fonds propres de 16,5% (plus haut historique) à comparer à un point bas de 9% en 2001. Ajoutons que leurs salariés comme leurs actionnaires bénéficient de ces performances : l'épargne salariale se sera gonflée de +21,7% sur l'année et les dividendes de +30%.
Au total, malgré la hausse du marché boursier, grâce à cette santé recouvrée la valorisation actuelle demeure globalement tempérée à quelque 13,5X les résultats attendus pour 2006 (+7,5%) contre une moyenne sur 10 ans de 17,5X. Certes l'ascension des indices est bien rapide et pour l'heure sans étape de consolidation véritable, aussi le marché est-il dorénavant plus vulnérable à toute déception ou contrariété majeure.
QUELLES MENACES ?
Outre les imprévisibles aléas géopolitiques, l'évolution des prix des matières premières, pour l'heure assagis, et particulièrement de l'énergie ( cf. pétrole à +5% sur la semaine),sont susceptibles de troubler le bel ordonnancement ambiant.
Il y a aussi les conséquences à venir de la normalisation des politiques monétaires des grandes banques centrales ayant pour objectif de mieux réguler des liquidités trop abondantes et trop bon marché. La remise en phase des politiques monétaires des grands pays industrialisés induit une hausse de leurs taux mais aussi une moindre rémunération relative ("spreads") du dollar et donc un moindre attrait pour le billet vert (-2,4% sur la semaine) dont la remontée a fortement contribué au rattrapage des bourses européennes. Il serait donc prudent de ne pas oublier ces paramètres et de les surveiller.
Certes, pour l'heure, le sang-froid et la modération l'emportent : c'est ainsi que les nouvelles hausses de taux des banques centrales sont escomptées sans autre désordre qu'une hausse lente des rendements obligataires revenus en Europe à leur plus haut depuis janvier 2005 (à 3,68%) et aux États-Unis à leur niveau de l'été 2004 (à 4,67%). Cette appréciation n'est pas terminée mais son rythme n'est pas préjudiciable aux marchés d'actions.
À L'APPROCHE DES 5200 POINTS ...
La semaine qui s'ouvre s'avère pauvre en données économiques hormis deux sujets sensibles, à savoir l'immobilier américain et les prix à la production (États-Unis et Allemagne), qui constituent dorénavant des déterminants de l'action des banquiers centraux.
La saison des publications de résultats annuels est terminée sur les grandes valeurs qui cèdent la place à leurs suivantes, moins emblématiques mais plus propres aux surprises et donc à de forts décalages de cours.
Le CAC40, comme les autres grands indices, demeurera sous l'emprise des développements des opérations financières qui ne faiblissent pas et qui se déplacent vers le secteur des assurances(cf. Saint Paul Travelers et ZFS, Aviva et Prudential ...) ou des institutions boursières (cf. Nasdaq et LSE, Euronext et Deutsche Börse ...) sans omettre les feuilletons déja en cours.
Les investisseurs s'attacheront aussi aux propos tenus ce lundi par Ben Bernanke, le patron de la Fed, et à l'occasion du départ à la retraite de Otmar Issing, l'économiste en chef de la BCE, ce afin de s'essayer à décrypter l'évolution de politiques monétaires de plus en plus dépendantes des indicateurs économiques.
À l'approche des 5200 points au CAC40 ... retenons notre souffle !
Patrick Leguil est Directeur de Recherche de VP Finance.
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