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LES OFFRES PUBLIQUES EN FRANCE
1. L'offre publique d'achat (OPA) ou d'échange (OPE)
L'offre publique consiste à proposer aux actionnaires d'une société
l'acquisition de la totalité des titres composant le capital à un prix
donné et sur une période déterminée.
Le paiement peut être réalisé soit
en espèces, et c'est une Offre Publique d'Achat (OPA), soit par échange de titres, et c'est une Offre Publique d'Echange (OPE), soit enfin en combinant ces deux possibilités dans une offre mixte. Si les deux branches de l'offre sont indépendantes (laissant le choix entre espèces et titre par exemple), on parle d'offre alternative.
La procédure d'offre publique est utilisée lorsqu'une société souhaite
acquérir le contrôle d'une autre société. L'offre publique peut
également être lancée de manière agressive sans négociations préalables
avec la société cible, ou après qu'elles ont échoué, ou en concertation
avec celle-ci.
L'offre publique est la forme normale d'acquisition du contrôle d'une société en bourse.
Il existe deux grands types d'offres publiques : l'offre publique normale (qui est la procédure la plus longue, déclarée recevable par le CMF et soumise au contrôle de la COB) et l'offre publique simplifiée.
L'offre publique normale peut être volontaire ou obligatoire lorsque les seuils
du tiers ou de 50% du capital ou des droits de vote sont franchis par
un actionnaire agissant seul ou de concert. Par ailleurs, une offre
publique est également obligatoire lorsqu'un actionnaire qui détient
entre le tiers et 50% vient à accroître sa participation de plus de 2%
en moins de 12 mois. Il en va de même si un actionnaire agissant seul ou de concert prend le contrôle d'une holding
détenant plus du tiers du capital ou des droits de vote d'une société
cotée, à condition que cette participation constitue une part
essentielle des actifs de cette holding. L'offre, si elle n'est pas
obligatoire, peut être assortie d'un seuil de succès : dans ce cas, son
initiateur se réserve le droit de la retirer si ce seuil n'est pas
atteint (au maximum 67%).
2. Les modalités de lancement de l'offre publique
L'initiateur de l'offre, qui souhaite prendre le contrôle d'une société
cible, doit déposer deux dossiers parallèles l'un au Conseil des
Marchés Financiers (CMF), l'autre à la Commission des Opérations de Bourse (COB).
La COB demande qu'on lui remette une " note
d'information " détaillée, dans laquelle l'initiateur de l'offre décrit
ses activités, sa situation financière, sa stratégie, le nombre de
titres de la société visée qu'il détient déjà et indique l'identité de
ses principaux actionnaires. En outre, il doit expliquer pourquoi il
souhaite acquérir la société visée et justifier le prix (ou la parité)
proposé. Cette note est transmise à la cible qui doit donner des
informations sur elle-même et se prononcer sur l'offre lancée. Les
pactes d'actionnaires ou accords ayant un impact sur le déroulement
d'une offre doivent être rendus publics.
Après une étude critique, la COB appose un visa sans lequel aucune
offre publique ne peut être lancée.
L'examen du CMF quant à lui, porte principalement sur le prix ou la
parité que l'initiateur de l'offre se propose d'offrir aux actionnaires
de la cible. Le Conseil des Marchés Financiers refusera de déclarer
l'Offre recevable si ce prix ne correspond pas à une juste évaluation
de la valeur
de la cible, réalisée à partir d'une analyse multi-critères comprenant
notamment : le cours de bourse, la valeur patrimoniale et la valeur de rendement
de l'action concernée. Si l'offre n'est pas déclarée recevable par le
Conseil des Marchés Financiers, l'initiateur devra soit renoncer à
l'opération, soit augmenter le prix d'offre, soit faire appel de la
décision rendue. Ceci permet d'écarter les offres de mauvaise foi ou de
diversion.
3. Le déroulement de l'offre publique Le
dépôt d'un dossier d'offre publique auprès du Conseil des Marchés
Financiers entraîne la suspension des cours. La reprise des cotations
intervient au plus tard deux jours de bourse après la publication de
l'avis de recevabilité. La suspension des cours permet d'éviter les
mouvements spéculatifs sur le titre en raison d'informations
incomplètes ou inégalement réparties. Elle est souvent très brève
(quelques heures pour de grandes opérations).
Pendant la durée de validité de l'offre (au maximum 25 jours de bourse,
35 jours de bourse si l'offre est hostile), les actionnaires qui
souhaitent apporter leurs titres à l'offre l'indiquent à leur
intermédiaire financier sous forme d'ordres d'apport. Ils peuvent
également vendre leurs titres sur le marché. En outre, l'initiateur
d'une offre publique a la possibilité d'intervenir sur le marché (sauf
si l'offre contient un seuil de succès ou s'il s'agit d'une OPE).
Toutes
les interventions réalisées sur le marché par l'initiateur ou la cible
et les personnes agissant de concert avec eux doivent être déclarées.
Les achats de blocs hors marché sont interdits, sous peine de perdre
les droits de vote correspondants. L'initiateur ne peut acheter des
titres au-dessus de son prix d'offre. Euronext centralise les ordres et
publie les résultats de l'opération. Enfin, la communication financière
en période d'offre doit être préalablement soumise à la COB.
4. Les offres simplifiées
Elles s'appliquent dans deux cas de figure principaux : ·
lorsqu'un actionnaire agissant seul ou de concert détient déjà plus de
50% du capital et des droits de vote de la société cible ;
· lorsqu'un investisseur
agissant seul ou de concert fait l'acquisition d'un bloc de titres lui
conférant plus de 50% du capital ou des droits de vote d'une société.
Le prix offert au marché doit alors être le même que celui du bloc
acquis pour ne pas léser les minoritaires. Pour cette raison, la
procédure est appelée garantie de cours.
D'autres cas plus rares permettent le recours à une offre simplifiée :
offre limitée à une participation au plus égale à 10%, offre de rachat
par une société de ses propres actions, offre sur des actions à dividendes privilégiés sans droit de vote ou sur des certificats d'investissement, et offre sur des titres ne donnant pas accès au capital.
L'acquisition d'un bloc de contrôle suivi d'une garantie de cours. La cession d'un bloc de contrôle entraîne automatiquement la mise en ?uvre d'une procédure de garantie de cours
destinée à permettre aux actionnaires minoritaires de vendre leurs
titres au même prix que l'actionnaire majoritaire. Techniquement,
l'acquéreur du bloc de contrôle s'engage à acheter en bourse pendant 10
jours de bourse au minimum, toutes quantités de titres qui lui seront
présentées, au même prix que celui de la cession du bloc. Il s'agit
donc d'une procédure analogue à l'offre publique, mais plus simple
puisque le prix est fixé par celui auquel le bloc a été cédé. La
procédure de garantie de cours ayant pour conséquence d'inciter les
actionnaires minoritaires à céder leurs titres, l'acquéreur d'un bloc
de contrôle risque
d'avoir à supporter une charge particulièrement élevée, liée au rachat
à prix fixe de tous les titres qui lui sont présentés au cours de la
période.
L'offre simplifiée par un actionnaire détenant déjà plus de 50% du capital et des droits de vote d'une filiale
consiste notamment pour un groupe à renforcer sa participation dans
cette filiale souvent pour des objectifs financiers. La durée d'une
telle offre est de 10 jours de bourse pour une OPA et 15 jours pour une
OPE. Le prix offert aux actionnaires minoritaires ne peut être
inférieur à la moyenne des cours de l'action pendant les 60 jours
précédant la publication de l'avis de dépôt de l'offre. La note
d'information prend une forme simplifiée.
L'offre publique dite " de retrait " (OPR) peut être obligatoire en cas de transformation de la société en commandite par actions
ou si sa nature d'activité change radicalement ou si elle fusionne avec
son actionnaire de contrôle qui détient la majorité en assemblée
générale ou si elle cède ses principaux actifs, autrement dit si la
société n'est plus la même. L'actionnaire contrôlant doit alors lancer
une offre donnant une sortie aux autres actionnaires.
En outre, un actionnaire seul ou agissant de concert, détenant plus de
95% du capital ou des droits de vote de la société, peut lancer une
OPR. Celle-ci peut également être demandée par un actionnaire
minoritaire.
Le retrait obligatoire (" squeeze out
") est une simplification de la structure d'actionnariat d'un groupe.
Dans toutes les procédures décrites ci-dessus, même en cas de grands
succès des offres, il restera toujours quelques actionnaires
minoritaires à l'issue de ces dernières. C'est la raison pour laquelle
le législateur a prévu la possibilité de contraindre les actionnaires
minoritaires à céder leurs titres au prix proposé par le majoritaire
détenant plus de 95% des droits de vote. C'est, en quelque sorte,
une procédure " d'expropriation privée ". Le prix est alors
particulièrement examiné par les autorités boursières. Il fait l'objet
d'un rapport d'évaluation soumis à l'appréciation d'un expert
indépendant agréé par le CMF et la COB.
L'offre publique de rachat d'actions (OPRA) est une
opération de rachat par une société de ses propres titres en vue des
les annuler (voir fiche sur la réduction de capital).
L'offre de participation ou offre publique partielle
peut être appliquée par les sociétés qui s'engagent en France à ne pas
détenir plus de 10% du capital de la société visée. Cette procédure n'a
jamais été appliquée à ce jour.
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