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L'AUGMENTATION DE CAPITAL
Il existe deux grandes familles de placement des augmentations de capital de sociétés cotées :
1. Le placement à prix fixe avec droits préférentiels de souscription (DPS)
Si
l'on pense que les actionnaires actuels vont souscrire très
majoritairement à l'augmentation de capital envisagée et que peu de
nouveaux investisseurs deviendront actionnaires à cette occasion, on
utilise la technique de placement à prix fixe avec droits préférentiels
de souscription (DPS).
Le prix d'émission des actions nouvelles est annoncé à l'avance et le
placement se déroule ensuite sur plusieurs jours (au minimum 10 jours
de bourse).
Cela conduit à fixer un prix avec une forte décote (de l'ordre de 20 %) par rapport au cours de bourse
afin d'éviter l'échec de l'augmentation de capital si une forte baisse
des cours se produit pendant le déroulement de l'opération.
Pour ne pas léser les anciens actionnaires, l'émission est assortie
d'un droit préférentiel de souscription.
Ce droit est soit exercé par les anciens actionnaires pour acquérir des
actions nouvelles avec une décote, soit vendu par les actionnaires qui
ne souhaitent pas souscrire à l'augmentation de capital aux
investisseurs désirant devenir actionnaires ; ces derniers peuvent
ainsi souscrire à l'augmentation de capital. 2. Le placement à prix ouvert
A
l'inverse, si l'on pense que les actionnaires actuels vont peu
souscrire à l'augmentation de capital ou si la société souhaite élargir
son actionnariat à de nouveaux actionnaires, on utilise la technique du
placement à prix ouvert.
Le prix n'est fixé qu'à l'issue d'une période de marketing et de
pré-placement avec une très légère décote par rapport au cours de
bourse de fin de cette période. Il n'y a pas de droit préférentiel de
souscription.
Dans une opération d'augmentation de capital à prix ouvert, un
grand effort de marketing devra être déployé par la société et les banques réalisant l'opération pour convaincre des investisseurs de devenir actionnaires de l'entreprise.
Une première partie du travail des banques correspond à une phase d'étude :
· évaluation, préparation du cadre juridique ou réglementaire de l'opération (placement ou non aux Etats-Unis...) ;
· structuration de l'opération ;
· préparation des prospectus et contrats de garantie et de placement ;
· préparation des notes d'analystes financiers ;
· conception du marketing (nature et contenu des présentations du management).
Puis la phase d'exécution débute avec une période de
pré-marketing, d'une durée d'une à deux semaines, qui précède le
lancement effectif de l'opération. Des notes de recherche établies par
les analystes du syndicat des banques sont alors publiées. Ils les
commentent ensuite aux investisseurs à l'occasion de réunions (appelées
" warm-up " en franglais) qui permettent de prendre la température du
marché.
Puis commence la campagne de marketing proprement dite
au cours de laquelle une information complète est diffusée à partir
d'un prospectus préliminaire. Les dirigeants de la société sont
mobilisés durant cette période pour de nombreuses réunions intensives
avec des investisseurs (les " roadshows " ou entretiens en tête-à-tête,
" one on one " en franglais). Ils communiquent principalement sur leurs
résultats, leurs marchés, leur stratégie et répondent aux questions des
investisseurs. Simultanément un livre d'ordres est ouvert afin de
recueillir les intentions de souscription des investisseurs en volume
et en prix.
C'est à l'issue de cette dernière période qui peut durer de 5 à 15 jours que le prix d'émission
des actions nouvelles est fixé. Il tient compte à la fois des
conditions de marché, de la demande globale recueillie dans le livre
d'ordres et de la sensibilité
au prix éventuellement exprimée par les investisseurs. En tout état de
cause, le prix fixé est proche du cours de bourse du moment.
Après la fixation du prix, le syndicat bancaire donne sa
garantie à l'émetteur et prend un engagement ferme (donc un risque)
pour quelques heures à quelques jours. Puis le prospectus définitif
(avec le prix d'émission) est diffusé, la clôture du placement est
annoncée, et le teneur de livre, en concertation avec l'émetteur,
procède aux allocations des actions nouvelles auprès des investisseurs.
L'émetteur peut ainsi dans une certaine mesure " choisir " une partie
de son actionnariat.
L'entreprise pourra émettre plus de titres que prévu (10% à 15%
de plus) si la demande est très forte à condition qu'elle s'en soit
laissée préalablement la faculté.
Il est possible d'inclure dans une opération à un prix ouvert
qui vise de nouveaux actionnaires un délai de priorité (non monnayable)
destiné aux actionnaires actuels, mais cela rallonge le calendrier de
quelques jours. 3. Les contraintes juridiques
Les
contraintes juridiques de l'augmentation de capital en font une
opération relativement lourde, qui permet néanmoins aux entreprises
françaises de lever de l'ordre de 40 Md? chaque année. L'entreprise doit en effet satisfaire aux obligations suivantes :
· libération intégrale du capital social initial. Cette règle n'est expressément posée que pour les sociétés anonymes ;
· réunion de l'assemblée générale compétente pour la modification des
statuts : il s'agira de l'assemblée générale extraordinaire pour les
sociétés anonymes et de l'assemblée chargée de modifier les statuts
pour toutes les autres sociétés ;
· réunion du conseil d'administration ou de l'organe de gérance (avant
ou après la réunion de l'assemblée) pour fixer les modalités pratiques
de l'opération.
En France, si l'entreprise fait appel public à l'épargne, elle doit :
· obtenir le visa de la COB et, pour cela, publier une note d'information ;
· effectuer les publications financières obligatoires au BALO (Bulletin
Officiel d'Annonces Légales Obligatoires) et auprès du marché financier.
Pour alléger ces contraintes juridiques et réagir avec le maximum de
rapidité à la conjoncture boursière, la plupart des conseils
d'administration demandent à l'assemblée générale extraordinaire le
pouvoir de procéder à des augmentations de capital dans les limites
d'un montant maximum et d'une période préalablement fixée. Muni de
cette autorisation, le conseil d'administration peut alors décider une augmentation de capital au moment où il le juge opportun sans réunir de nouveau une Assemblée Générale Extraordinaire.
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