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Édito de Patrick Leguil

RETOUR DE BALANCIER, INFORMATIONS MITIGEES ET FIN DE SEMESTRE.

RETOUR DE BALANCIER ...

Pour le deuxième semaine consécutive les marchés d'actions ont consolidé dans un classique mouvement de balancier. Le CAC40 a donc abandonné -2,8% sur la semaine à 3129,73 points revenant sur l'année en territoire négatif (-2,7%) pour -28% sur douze mois à l'instar du SP500 qui lui ne perd que -0,2% sur la semaine mais gagne encore +1,7% sur 2009.
Les investisseurs en cette fin de semestre réaménagent leurs portefeuilles et ont tendance à les orienter vers un profil plus défensif en attendant, d'une part, de voir se concrétiser des signes manifestes de sortie de crise et, d'autre part en investissant sur des valeurs plus défensives dont la sous-performance récente a été notoire.

... INFORMATIONS MITIGEES ...

Les données statistiques hebdomadaires se sont révélées être mitigées alors que les observateurs attendent des signaux clairs à ce moment de l'anné et du cycle aussi la perplexité se propage-t-elle.
Or venant des Etats-Unis, les informations ont certes confirmé que le rythme de la récession était moins fort qu'auparavant, ne serait-ce qu'avec la dernière publication du Pib pour le premier trimestre mais plusieurs de ses composantes laissent perplexes. Certes le reflux est moindre que publié auparavant à -5,5% mais il est surtout moins important que lors du quatrième trimestre (-6,3%). Il y a léger sursaut de la consommation, un mieux précaire du commerce extérieur mais un angoissant effondrement des investissements de -48,9% vs. -23% au quatrième trimestre 2008. Ce seul paramètre représente 150% du recul du Pib au premier trimestre à -247 Mds de dollars aussi le "gap" sera-t-il difficile et long à récupérer ! Le seul investissement "résidentiel" perd -38,8% après -22,8% au quatrième trimestre, soit un secteur immobilier toujours malmené ce que les statistiques de ventes de la semaine ont confirmé. Mais il y eut aussi de bonnes nouvelles avec les commandes de biens durables tandis que les données relatives au consommateur étaient plus ambigües. En effet, le revenu personnel enregistre sa plus forte appréciation sur un an à +1,4% en mai ... mais le consommateur ne privilégie pas la consommation malgré une première hausse en trois mois (+03%), il lui préfère la reconstitution de son épargne revenue à son plus haut niveau depuis décembre 1993 à 6,9% de son revenu disponible. La frugalité du consommateur ne nous étonne pas, nous avons ici souvent souligné la contrainte du désendettement des ménages, fein à l'ampleur de la reprise, mais  il convient de souligner la rapidité à laquelle remonte le taux d'épargne et donc la capacité de désendettement. Tout se passe comme si les Américains faisaient montre d'une grande maturité les conduisant à bien "hiérarchiser" les problèmes car en même temps leur confiance, mesurée par l'Université du Michigan, est au plus haut depuis février 2008 en ayant "récupéré" le tiers de ses pertes depuis le plus haut de janvier 2007.

Venant d'Europe, les nouvelles transmises par les indicateurs PMI confirment le rebond de la confiance surtout dans l'industrie en reflet de la situation des stocks et des commandes mais dans les services l'évolution est moins satisfaisante, le tout laissant toujours entrevoir une Europe à la traîne des Etats-Unis, notamment, à l'exception de la France, par faiblesse de la demande intérieure qui risque de perdurer eu égard à l'évolution prévisible de l'emploi. Le doute a repris vigueur par défaut de signes tangibles émanant de l'économie d'autant que la Banque Mondiale a jeté un froid en révisant à la baisse ses perspectives pour l'économie mondiale en 2009 à -2,9% vs. -1,7% et pour 2010 à +2% vs +2,3% au motif de la subsistance de très nombreuses incertitudes quant à la reprise ... les investisseurs ont préféré privilégier cette vision plutôt que celle, inverse, de l'OCDE qui révisait à la hausse pour la première fois depuis 2007 ses prévisions d'activité pour la zone à -3% vs. -3,3% pour 2009 et à +0,2% pour 2010. Au final, les chiffres ne sont guère éloignés mais c'est l'inflexion qui devrait importer !

... FIN DE SEMESTRE.

La fin du semestre approche, peut-être en baisse sur la fin de 2008, le contexte est peu propice aux initiatives, le marché se comportant comme Saint Thomas, voulant "voir" avant de s'engager plus avant, non que sa confiance ait été abusée mais il tient à s'assurer de la justesse de ses choix précédents. Certes la FED a délivré un message plutôt rassurant avec moins d'inquiétudes qu'auparavant mais sans s'avancer sur une stratégie de sortie de crise. Est-ce à dire qu'elle n'est pas assurée ? C'est bien cela que les investisseurs aimeraient savoir.

La semaine qui s'est ouverte est riche en nouvelles aux Etats-Unis dans l'immobilier notamment via les prix, sur l'emploi avec le rapport mensuel et surtout sur l'activité future avec le très important et attendu indicateur ISM manufacturier, escompté en sixième hausse consécutive, dont l'influence est grande sur les marchés. C'est lui qui donnera le "tempo" de l'entrée dans le second semestre !

En Europe, la banque centrale ne devrait pas surprendre et ce seront les indicateurs tant de climat, de confiance ou les PMI  Manufacturiers et des Services qui affineront la vision à porter sur l'économie aux côtés des ventes de détail qui sont encore attendues médiocres en reflet d'une demande toujours atone.

Hormis un vent d'ouest attendu salutaire (ISM), cette fin de semestre se termine en roue libre.


Patrick Leguil est Directeur de Recherche de VP Finance.



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