'Trop, trop vite, trop tôt.' Fidèle à sa réputation de 'Dr. Doom' (Dr Fatalis), l'économiste américain Nouriel Roubini juge, depuis plusieurs mois déjà, que la hausse des marchés boursiers en Europe et aux Etats-Unis - plus de 45 % depuis mars - est à la limite de l'exubérance. 'Une correction est inévitable', a-t-il conclu, jeudi 29 octobre, lors d'une conférence organisée à Paris.
M. Roubini - qui avait annoncé un peu avant tout le monde, en septembre 2006, le désastre économique consécutif à l'éclatement d'une bulle du crédit et de l'immobilier américain - dit espérer se tromper. Mais, sur les marchés, les investisseurs ont l'air de penser que 'Dr. Doom' a raison, une fois de plus.
En l'espace d'une semaine, les places boursières aux Etats-Unis, en Asie et en Europe ont nettement reculé. A Paris, entre le lundi 26 et le vendredi 30 octobre, l'indice CAC 40 a chuté de 5,27 %, s'éloignant encore des 4 000 points, à 3 607,69 points. A Londres, le Footsie a, de son côté, lâché 3,78 % tandis que le Dow Jones de New York et le Nikkei de Tokyo ont cédé respectivement 2,60 % et 2,41 %.
Tout a commencé par des doutes quant à la solidité de la reprise mondiale. Après avoir nourri de grands espoirs sur la vigueur de la croissance américaine, les investisseurs ont perdu confiance. Ils misaient, pour la plupart, sur une croissance de la première économie mondiale de 3,2 % au troisième trimestre, en rythme annualisé. Puis ils ont redouté que ce chiffre ne soit exagéré. Finalement, leurs attentes ont été dépassées. Le département américain du commerce a fait état, jeudi, d'un produit intérieur brut (PIB) en hausse de 3,5 %. Mais le soulagement a été de courte durée. Très vite, les experts ont compris que la croissance outre-Atlantique avait été dopée par le soutien de l'Etat.
Sans les effets du plan de relance de 787 milliards de dollars (534 milliards d'euros), voté en février, la hausse du PIB 'aurait été bien moindre, voire nulle, ces trois derniers mois', a reconnu Christina Romer, conseillère économique en chef de la Maison Blanche. Du coup, les investisseurs s'interrogent : quand l'Etat ne sera plus là pour soutenir l'économie, que se passera-t-il ? Une rechute est-elle possible ? Est-elle inévitable ?En lire plus sur LeMonde.fr
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