La sérénité des futaies de la planète n'aurait pas dû être troublée par la dépression, dame Nature se moquant des bulles spéculatives. Certes, la pâte à papier tirée des forêts 'a beaucoup souffert', constate Bernard Lombard, directeur pour le commerce et la compétitivité de la Confederation of European Paper Industries. 'Car, en huit mois, la production mondiale a reculé de 15 % sous l'effet de la contraction de la demande de la presse, de la publicité et des emballages. Mais les papetiers chinois remettent en route leurs projets de nouvelles unités de production.'
A preuve, l'indice des prix du papier en Asie, calculé par Resource Information Systems Inc. (RISI), est repassé au-dessus du niveau 100 fin octobre, confirmant la bienfaisante reprise dans les matières premières industrielles.
Pourtant, la sérénité du monde des bois est mise à mal par deux rudes empoignades. La première oppose les Russes et les Finlandais. Désireux d'obliger ces derniers à ne plus acheter leur bois à vil prix mais à construire des usines de pâte à papier chez lui, Vladimir Poutine a organisé une augmentation des droits de douane sur les grumes, passés de 6,5 % à 25 %, au grand dam d'Helsinki, et qui devaient atteindre au final 80 %.
Est-ce parce que les exportations russes de bois se sont effondrées de près de 90 % cette année ? Ou parce que les Finlandais ne s'opposent plus à l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ? Ou parce qu'ils sont désormais d'accord pour que les Russes installent leur gazoduc Northstream au fond de la mer Baltique ? Toujours est-il que le premier ministre russe a promis de ne plus augmenter les droits de douane avant 2011. Après, on verra.
La seconde bagarre oppose papetiers américains et européens. Les premiers ont profité d'une subvention gouvernementale pour promouvoir les carburants alternatifs en 2009 : sous-produit de la fabrication de la pâte à papier, la 'liqueur noire' est un biocarburant à base de cellulose qui leur a permis de prendre une part des 8 milliards de dollars (5,4 milliards d'euros) d'aides. Une paille !En lire plus sur LeMonde.fr
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