Avec le temps, la City a appris à s'accommoder des frasques de Richard Branson, insolente superstar des médias et superman de l'aventure. Reste que la nomination, vendredi 30 octobre, de Peter Norris, 54 ans, au poste de président non exécutif de Virgin Group, la compagnie holding propriétaire des participations du magnat britannique, a provoqué l'incrédulité. En effet, le banquier est l'un de ceux par qui le scandale de la faillite de la Barings, en 1995, est arrivé.
Peter Norris était à l'époque le patron des activités de marché de la plus vieille banque d'affaires anglaise. Ce professionnel très collet monté avait fermé les yeux sur les agissements du 'trader fou' Nick Leeson, qui régnait en diva sur le négoce des produits dérivés asiatiques. Dans la foulée de la condamnation de ce dernier à une lourde peine de prison, son supérieur hiérarchique avait été interdit de toute activité commerciale dirigeante au Royaume-Uni pendant quatre ans.
Richard Branson s'est toujours méfié de l'univers feutré de la haute finance, qu'il juge incapable de comprendre ses manières peu orthodoxes de faire des affaires. D'où, sans doute, son amitié, nouée en 1997, avec le proscrit devenu consultant. Les deux hommes se sont rencontrés dans le cadre du renflouement de Viz, la revue de bandes dessinées satiriques, leur passion commune.
Le fondateur de l'enseigne rouge sang a engagé Peter Norris, toujours snobé par l'establishment. Sa tâche en coulisses a consisté à aider Virgin à se diversifier au-delà de la distribution, de l'aviation ou du chemin de fer. De la téléphonie mobile à la banque de dépôt par Internet en passant par les salles de gymnastique : l'ancien responsable de la Barings a joué un rôle de premier plan dans ces succès.
Agé de 58 ans, dans les affaires depuis quarante ans, Richard Branson aimerait se consacrer davantage à son organisation caritative Virgin Unite, très active en Afrique. Il y a deux ans, le conquérant s'est dégagé de la gestion quotidienne de son groupe en nommant un directeur général. L'entrepreneur entend se concentrer sur ses deux points forts, la stratégie globale et la publicité. Il s'intéresse aussi à la formule 1 et à l'espace.En lire plus sur LeMonde.fr
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