Le flux des émissions obligataires réalisées par les entreprises non financières de qualité 'investissement' s'est tari au cours des dernières semaines. Ce n'est pas le cas des entreprises qui proposent des 'junk bonds' (obligations pourries).
Ces obligations à haut rendement, et donc à haut risque, ont un tel succès que l'agence de notation Standard & Poor's, chargée d'évaluer la solvabilité des emprunteurs, tire la sonnette d'alarme, se demandant si l'histoire n'est pas en train de se répéter et si, par hasard, les marchés n'ont pas la mémoire courte.
L'une des émissions les plus récentes de ce type a été bouclée vendredi 30 octobre. C'est celle de Maersk. L'entreprise danoise, qui emploie 120 000 personnes dans 130 pays et oeuvre dans l'énergie, le container et le transport maritime, ne bénéficie d'aucune notation.
Elle vient pourtant de réaliser une émission inaugurale de 750 millions d'euros remboursables dans cinq ans, offrant un coupon de 4,875 %. Cette opération a été sursouscrite 6,5 fois.
De quoi apporter de l'eau au moulin de Standard & Poor's. Le constat de l'agence est simple : au 21 octobre 2009, 17 milliards d'euros d'obligations à haut rendement ont été émis par des entreprises, contre 19 milliards en 2007, année de l'arrêt de l'activité sur ce marché. Pas une émission n'a été lancée en 2008.
Descente en gamme
Plus que par les volumes, Standard & Poor's est frappé par le recul de l'indice de référence de ce marché, l'Itraxx, qui mesure les primes de risque que doivent payer ces émetteurs.
Elles sont revenues au niveau du mois de septembre 2008, avant la chute de la banque Lehman Brothers. Cela traduit la descente en gamme effectuée par les investisseurs institutionnels, qui doivent acheter des obligations de qualité médiocre pour trouver un taux d'intérêt intéressant.
Standard & Poor's leur conseille de regarder attentivement les notes en bas de page des contrats d'émission, car ils pourraient bien se trouver, sans l'avoir souhaité, moins bien traités que les investisseurs qui ont prêté sous forme de crédits classiques. Et ainsi finir plus bas dans la liste des créanciers en cas de défaut de l'entreprise.En lire plus sur LeMonde.fr
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