Faut-il casser les banques en deux ? Isoler leurs activités de banques d'affaires, jugées spéculatives et risquées, de celles, plus traditionnelles et socialement utiles, de banques de détail ?
Dix ans après son abandon, les nostalgiques du Glass-Steagall Act, cette législation américaine promulguée en 1933 afin de séparer strictement ces deux fonctions et empêcher qu'une crise bancaire comme celle de 1929 ne se reproduise, font entendre leurs voix. L'implosion du système financier mondial et l'aide des Etats accordée aux banques ont remis à l'ordre du jour la question du démantèlement des mastodontes de l'argent.
Au Royaume-Uni, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mervyn King, a, le 20 octobre, jugé 'indispensable' à l'économie une nouvelle division entre les activités bancaires pour les particuliers et le négoce spéculatif. Aux Etats-Unis, c'est Paul Volcker, l'ancien président de la Réserve fédérale (Fed) de 1979 à 1987, et actuel conseil du président Barack Obama, qui s'est fait le chantre du retour de cette séparation des métiers. 'Les banques sont vouées à servir le public, a ainsi jugé l'ex-banquier central, et elles doivent se focaliser sur ces activités.'
En Europe continentale aussi, l'idée fait son chemin. Le démantèlement du bancassureur néerlandais ING, indirectement imposé par la Commission européenne, répondrait déjà en partie à cette exigence. 'Cela va dans le bon sens', estime Jacques Attali, qui juge une stricte séparation des activités bancaires 'indispensable'. Pour éviter une nouvelle crise, 'il faut que le métier de banquier redevienne triste et ennuyeux', souligne l'ancien conseiller de François Mitterrand.
Mais l'idée d'un nouveau Glass-Steagall Act compte de nombreux adversaires, notamment en Europe. Ces derniers jugent que le modèle de banque universelle, s'appuyant à la fois sur la banque d'investissement et la banque de dépôt, est un gage de solidité qui a fait ses preuves pendant la crise. Selon eux, le développement des marchés financiers au cours des dernières décennies rend impossible toute séparation stricte entre les deux types de métier.En lire plus sur LeMonde.fr
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