Un an après la crise du crédit, le paysage bancaire britannique est en pleine mutation. Sous les pressions conjuguées de l'Union européenne et du gouvernement travailliste, les banques commerciales d'outre-Manche redéfinissent leur stratégie. Les opérations à venir donnent déjà le vertige.
Après le feu vert donné le 28 octobre par la Commission européenne au sujet de sa restructuration, la banque nationalisée Northern Rock devrait être divisée en deux. D'une part un établissement sain chargé des activités commerciales traditionnelles, de l'autre une entité regroupant les actifs défaillants.
Pour tenter d'amadouer Bruxelles, la Royal Bank of Scotland (RBS), nationalisée à hauteur de 70 %, devrait, de son côté, être amenée à céder toutes ses agences en Angleterre. RBS pourrait aussi vendre sa banque de dépôts régionale américaine, Citizens Bank.
Pour sa part, Lloyds Banking Group, détenu à 43 % par l'Etat, doit mettre en oeuvre son plan de refinancement de 25 milliards de livres (27,87 milliards d'euros) approuvé par le Trésor. Parallèlement, le nouveau géant devrait se séparer de sa caisse hypothécaire Cheltenham & Gloucester et des succursales écossaises de sa filiale TSB. La caisse de retraite Scottish Widows pourrait aussi être vendue.
Cette redistribution des cartes dans le secteur totalement ou partiellement nationalisé intervient alors qu'un banquier à poigne, Robin Budenberg, l'un des principaux dirigeants des activités britanniques du suisse UBS, a pris les rênes de l'UKFI, l'organisme de gestion des parts de l'Etat dans les banques.
Bataille de l'après-crise
De leur côté, les banques commerciales restées privées ne sont pas inactives. Barclays vient de racheter la banque de détail du fonds de pension écossais Standard Life. Recapitalisée, HSBC est, elle, candidate au rachat des opérations asiatiques du néerlandais ING et de la RBS. Le numéro un du secteur compte aussi se faire coter à la Bourse de Shanghai. Le mastodonte a déjà déplacé son directeur général à Hongkong, le berceau historique du groupe, pour exploiter les marchés émergents d'extrême-orient.En lire plus sur LeMonde.fr
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