Chris Viehbacher a été nommé PDG du laboratoire pharmaceutique Sanofi-Aventis en décembre 2008, en remplacement de Gérard Le Fur, emporté par l'échec de l'Acomplia, un traitement contre l'obésité qui devait être le principal relais de croissance. Lors du troisième trimestre, dont les résultats ont été publiés vendredi 30 octobre, le groupe a réalisé un bénéfice net de 15,9 %, à 2,23 milliards d'euros, tandis que le chiffre d'affaires a crû de 8 %, à 7,4 milliards d'euros.
Chris Viehbacher, vous dirigez Sanofi-Aventis depuis presque un an. Quel est votre bilan ?
Nous avons accompli d'énormes progrès. Lorsque je suis arrivé, l'image de Sanofi-Aventis était dégradée. La communauté financière se focalisait sur deux de nos produits : le Plavix, un médicament en fin de vie, et l'Acomplia, un traitement contre l'obésité qui avait été un échec. Les analystes étaient obnubilés par le fait que l'expiration des brevets sur plusieurs de nos 'blockbusters' (des médicaments générant plus de un milliard de dollars de chiffre d'affaires) allait nous faire perdre 20 % de nos ventes d'ici à 2012. Notre action souffrait alors d'une décote importante en Bourse.
Nous avons convaincu les investisseurs que nous pouvions passer ce cap difficile. Environ 80 % de nos ventes reposent sur des fondamentaux solides. En 2013, notre chiffre d'affaires et notre bénéfice seront au moins égaux à ceux de 2008, hors acquisitions, grâce aux économies que nous avons mises en place et aux cinq plate-formes sur lesquelles repose le groupe : les vaccins, le diabète, les produits innovants, l'automédication et les marchés émergents. Nous ne sommes pas dans une situation d'urgence. Nous ne sommes pas obligés de nous lancer dans une méga-fusion pour survivre.
Vous venez d'acheter Oenobiol, un fabricant de compléments alimentaires. Pourquoi s'éloigner de votre coeur de métier ?
Cette opération est complémentaire de l'acquisition de la société australienne Symbion, réalisée en 2008. Oenobiol est une marque réputée en France et qui possède un potentiel de développement important à l'étranger. Augmenter notre présence dans l'automédication est l'un des axes de notre stratégie de diversification, qui doit nous permettre de compenser le caractère imprévisible et aléatoire de la recherche.En lire plus sur LeMonde.fr
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