Le taux de chômage au Japon a atteint en mai son plus haut niveau depuis cinq ans et demi, à 5,2%, tandis que population active et revenus salariaux poursuivaient leur baisse, ce qui pourrait peser sur la consommation et handicaper la reprise en dépit des mesures de relance gouvernementales.
La population active a diminué de 1,36 million de personnes en mai par rapport à l'an dernier, un recul sans précédent qui donne l'ampleur des réductions d'effectifs dans l'industrie et les services, en dépit du début d'amélioration observé dans certaines industries tournées vers l'exportation après la chute brutale subie il y a quelques mois.
"Le plan de relance semble profiter au sentiment des consommateurs", a déclaré Hideo Kumano, chef économiste de Dai-Ichi Life Research Institute. "Mais avec la hausse du chômage et la baisse probable des primes en juin, on ne peut pas être très optimiste sur la consommation."
Même si certains indicateurs avancés, comme la production industrielle, ont rebondi ces derniers mois, de nombreuses entreprises restent engagées dans des plans de réductions des coûts, et entre autres des salaires.
Le rapport entre le nombre de postes à pourvoir et le nombre de demandeurs d'emplois est tombé en mai à 0,44; cela signifie qu'il n'y a que quatre postes disponibles pour neuf chômeurs. Il s'agit du ratio le plus faible enregistré depuis le début du suivi de ces statistiques en 1963.
LE CHÔMAGE POURRAIT DÉPASSER SON PLUS HAUT HISTORIQUE
A 5,2%, le taux de chômage dans l'archipel a atteint son plus haut niveau depuis septembre 2003, contre 5,0% en avril. Les économistes s'attendent à ce que le taux de chômage dépasse 5,5%, soit le plus niveau enregistré depuis la Seconde Guerre mondiale.
Le ministre des Finances, Kaoru Yosano, a déclaré qu'une augmentation du taux de chômage mettait en évidence la nécessité d'une gestion souple de la politique économique gouvernementale.
Les dépenses de construction ont augmenté de 0,3% en mai par rapport à l'an dernier, leur première hausse en 16 mois, alors que les économistes anticipaient une baisse de 1,6%. Mais des économistes ont souligné que cet indicateur manquait de fiabilité.
Le marché immobilier bénéficie des mesures de relance gouvernementales, parmi lesquelles figurent des aides à l'achat d'équipements et d'électroménager économes en énergie.
"L'impact des dépenses de relance devrait être de courte durée", estime toutefois Takeshi Minami, chef économiste du Norinchukin Research Institute. "Avec la baisse drastique des primes d'été chez les industriels, la consommation privée va retomber pendant l'été et peser sur l'ensemble de l'économie."
Déjà, les revenus globaux des salariés ont subi en mai une baisse plus marquée qu'en avril en rythme annuel, leur douzième recul consécutif.
Autre indicateur publié ce mardi, l'indice PMI des directeurs d'achats de l'industrie s'est redressé en juin à 48,2, traduisant un ralentissement de la contraction de l'activité. Les composantes de la production et des exportations ont repassé le seuil de 50 qui sépare contraction et expansion de l'activité.
Tetsuhi Kajimoto, version française Marc Angrand