General Motors s'apprête à solliciter devant le tribunal des faillites de New York l'autorisation de vendre ses meilleurs actifs à un "nouveau GM", afin de permettre l'entrée des pouvoirs publics au capital du constructeur automobile pour piloter sa restructuration.
Si ce projet est avalisé, les actifs les moins performants de General Motors resteront ensuite sous l'autorité de la justice pour être liquidés.
L'audience de mardi intervient 30 jours après le placement de General Motors sous la protection du Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites.
Le plan de sauvetage du groupe, qui prévoit le versement de 60 milliards de dollars de fonds publics à GM, est contesté par les opposants à l'intervention de l'Etat américain, mais aucune proposition concurrente de reprise n'a été formulée.
A terme, le Trésor américain pourrait détenir 60% du capital du constructeur.
Le bon déroulement de la vente marquerait un deuxième succès en un mois pour l'équipe de la Maison blanche chargée du secteur automobile par le président Barack Obama, après la cession de Chrysler à un consortium emmené par l'italien Fiat.
CHOIX DOULOUREUX
"Je pense que les choses se déroulent encore plus en douceur qu'avec Chrysler, ce qui est intéressant étant donné que GM est considérablement plus massif. Chrysler a ouvert la voie et (le gouvernement) utilise plus ou moins la même stratégie", a commenté Stephen Lubben, professeur de droit des faillites à la faculté de droit de Seton Hall, dans le New Jersey.
Dans les documents soumis à la justice, General Motors affirme que la vente de ses actifs éviterait au secteur automobile américain de subir un "effondrement systémique" et serait la seule façon d'obtenir "une réelle chance de survie en tant qu'entité économiquement viable pour l'entreprise".
L'ancien numéro un mondial du secteur a déjà dû opérer des choix douloureux, en fermant de multiples concessionnaires aux Etats-Unis ainsi que treize de ses usines pour une durée maximale de onze semaines.
Les marques Hummer et Saturn sont mises en vente et Pontiac va disparaître. Lundi, GM a annoncé son désengagement de la coentreprise formée avec Toyota pour exploiter en commun une usine en Californie.
Selon GM, plus de 50% de ses créanciers obligataires sont en faveur de la vente, qui serait également dans l'intérêt des actionnaires.
Outre les 60% détenus par Washington, le capital du "Nouveau GM" se partagerait entre le syndicat des ouvriers de l'automobile (UAW), à 17,5%, les pouvoirs publics canadiens, à 12%, et les créanciers obligataires, à 10,5%.
Certains créanciers opposés à la vente ont déposé des recours, mais leurs arguments risquent de ne pas peser lourd devant le tribunal, le même qui avait autorisé la vente de Chrysler.
Version française Gregory Schwartz