La dette publique de la France au sens de Maastricht dépassait 1.400 milliards d'euros à fin mars alors que le gouvernement a abandonné son engagement de respecter les critères européens de déficits et de dette publics à l'horizon 2012.
La dette publique brute de la France a augmenté de 86,5 milliards d'euros au premier trimestre 2009 pour atteindre 1.413,6 milliards, soit environ 72,9% du PIB, selon des données publiées par l'Insee.
Ce pourcentage représente une hausse de 4,8 points par rapport à la fin 2008 quand la dette s'élevait à 1.327,1 milliards.
"L'augmentation de la dette publique au premier trimestre reflète principalement l'effet de la relance budgétaire et la faiblesse des recettes fiscales et sociales due à la crise", ont déclaré la ministre de l'Economie Christine Lagarde et le ministre du Budget Eric Woerth dans un communiqué commun.
"La hausse de l'endettement au premier trimestre reflète l'octroi de prêts par la Société de financement de l'économie française (SFEF) aux banques afin d'assurer le bon fonctionnement de l'économie", poursuit le communiqué.
L'endettement de la Sfef a augmenté de 33,7 milliards d'euros sur les trois premiers mois de l'année, selon les données publiées par l'Insee.
"L'augmentation de la dette nette (de la trésorerie, des crédits et titres de créances détenus par les administrations publiques) est beaucoup plus contenue au premier trimestre (+32,7 milliards d'euros) que la hausse de la dette brute", soulignent les ministres dans leur communiqué.
Une moindre hausse qui s'explique par la progression de 20,1 milliards des trésoreries des administrations publiques sur la période et par les prêts supplémentaires de 33,7 milliards d'euros consentis par la Sfef au secteur financier, soit un montant qui compense l'augmentation de son endettement.
PROFIL RÉVISABLE
La dette brute de l'Etat a augmenté de 44,5 milliards d'euros au premier trimestre et celle des organismes divers d'administrations centrales (ODAC) de 46,9 milliards.
La contribution des administrations publiques locales à la dette de Maastricht diminue de 3,9 milliards, soit un rythme comparable à celui observé les années précédentes au cours du premier trimestre, précise l'Insee dans un communiqué.
La dette des administrations de sécurité sociale a quant à elle diminué de 1,1 milliard.
Outre la dette de l'Etat (1.080,7 milliards d'euros à fin mars), la dette publique au sens du traité de Maastricht prend en compte celle des administrations de sécurité sociale (34,0 milliards), des administrations publiques locales (142,8 milliards) et des ODAC (156,0 milliards).
Dans son communiqué, l'Insee souligne que le profil de la dette trimestrielle demeure révisable pendant plusieurs trimestres et que sa seule observation ne permet pas de présager celle du déficit public.
Lors de la présentation la semaine dernière aux députés du document préparatoire au débat d'orientation budgétaire qui débute mardi, Eric Woerth avait prévenu que la France ne renouerait pas avec les critères européens de déficit et de dette publics en 2012 comme le gouvernement s'y était jusqu'alors engagé.
L'exécutif prévoit désormais que le déficit public atteindra 5 à 5,5% du PIB en 2012, après 6 à 6,5% en 2011 et 7 à 7,5% en 2009 et 2010. En 2008, il avait été de 3,4%.
La dette publique passera de 68,1% du PIB en 2008 à 77% en 2009, 83% en 2010, 86% en 2011 et 88% en 2012, selon les projections figurant dans le document préparatoire au débat d'orientation budgétaire présenté la semaine dernière à la commission des finances de l'Assemblée nationale.
Marc Joanny, édité par Sophie Louet