L'appel d'offre lancé par l'Irak pour l'exploitation de six de ses champs pétroliers et de deux gisements de gaz n'a pas rencontré le succès escompté, la rémunération proposée par Bagdad ayant découragé les investisseurs.
Seul le consortium conduit par British Petroleum dans lequel figure la compagnie Chinese National Petroleum Corp. a conclu un accord avec le gouvernement irakien pour exploiter le plus grand gisement du pays, à Roumaïla.
Pour les sept autres exploitations mises en adjudication le ministère irakien du Pétrole a seulement reçu des propositions revues à la baisse.
Ce premier grand appel d'offre des Irakiens depuis l'invasion américaine en 2003 a montré l'écart qui existait entre les attentes du gouvernement irakien et l'effort que les compagnies pétrolières étaient prêtes à consentir.
Après six ans d'occupation étrangère, les caisses irakiennes sont vides et le gouvernement éprouve un urgent besoin de liquidités pour relancer l'économie.
Bien que l'or noir irakien soit l'un des moins chers du monde à extraire, les consortiums étrangers n'étaient pas prêts à se soumettre aux exigences financières de Bagdad.
L'Irak détient actuellement les troisièmes réserves de pétrole de la planète derrière l'Arabie saoudite et l'Iran. Les six gisements mis aux enchères représentaient 43 milliards de barils de brut sur 115 milliards de réserves prouvées.
"Aujourd'hui, nous avons pu constater que le ministère irakien du Pétrole et les compagnies pétrolières internationales ne vivent pas sur la même planète", a estimé un expert.
Un porte-parole du ministère du Pétrole a estimé que cette adjudication ne constituait pas une déception. "La participation de ces grandes compagnies, très connues, est un signe encourageant et il traduit la volonté de ces entreprises d'investir dans le secteur pétrolier irakien", a-t-il dit.
UNE PRODUCTION QUI PEINE À REPARTIR
Le consortium conduit par BP exploitera le gisement de Roumaïla dans le sud du pays à majorité chiite et dont les réserves sont évaluées à 17 milliards de barils.
En revanche, un important gisement situé à Kirkouk dans le nord de l'Irak n'a pas trouvé preneur aux conditions proposées et aucune offre n'a été faite pour les réserves gazières de Mansouriah.
Les sociétés étrangères exploitantes doivent être rémunérées, non par un prélèvement de la production, mais en fonction d'un montant fixe par baril produit, au-delà d'un seuil de production fixé au préalable.
Le consortium BP-CNPC a finalement accepté de réviser ses prétentions à la baisse. Leur demande initiale était de 3,99 dollars par baril. La transaction a été conclue à deux dollars par baril.
Royal Dutch Shell demandait 7,89 dollars par baril alors que le ministère irakien proposait également deux dollars.
"Les attentes du gouvernement irakien et des compagnies pétrolières n'étaient pas compatibles", a résumé un responsable d'une compagnie pétrolière.
Depuis le début de l'invasion américaine, l'Irak a dépensé huit milliards de dollars pour relancer sa production, mais ses niveaux de productions demeurent inférieurs à ceux enregistrés sous le régime de Saddam Hussein.
La production est actuellement de 2,4 millions de barils par jour contre 2,6 millions avant l'intervention américaine et 3,5 millions au milieu des années 70.
Version française Pierre Sérisier