L'INSEE a rapporté ce matin que la dette publique française, au sens du Traité de Maastricht, a atteint 1.413,6 milliards d'euros au 1er trimestre, en progression de 86,5 milliards d'euros sur le précédent trimestre. Elle représente approximativement 72,9% du PIB, contre 68,1% au terme de l'année 2008. Sur un an, la hausse atteint 163,8 milliards d'euros. L'institut statistique rappelle que cette dette est "brute", dans le sens où elle ne comprend pas les actifs financiers détenus par les administrations publiques. En outre, le calcul est susceptible d'être révisé "pendant plusieurs trimestres", compte tenu de sources d'informations intermédiaires moins complètes que les comptes annuels, explique l'INSEE, qui de surcroît indique que la seule observation de la dette en cours ne permet pas de présager de celle du déficit public.
Ramené en données "nettes", la dette publique ressort à 1.232,9 milliards d'euros, soit environ 63,6% du PIB, en progression de 37,2 milliards d'euros sur la fin 2008. L'INSEE explique que sa moindre progression par rapport à la dette brute s'explique par une progression forte des trésoreries et par les prêts accordés par la SFEF. La dette brute progresse à l'échelle de l'Etat (de 1.036,2 à 1.080,7 milliards d'euros) et des organismes d'administration centrale (de 109,1 à 156 milliards d'euros), mais se contracte légèrement pour les administrations publiques locales (une tendance qui perdure depuis plusieurs trimestres) et pour l'administration de sécurité sociale.
Pour Bercy, "l'augmentation de la dette publique au 1er trimestre 2009 reflète principalement l'effet de la relance budgétaire et la faiblesse des recettes fiscales et sociales due à la crise". Dans un communiqué Christine Lagarde et Eric Woerth estiment que la dette émise en début d'année "va en particulier financer des infrastructures utiles pour le développement économique de la France" et que le plan de relance devrait permettre de "sortir notre économie de la récession au cours des prochains mois".
La tendance à la dégradation de la dette publique par rapport à la richesse nationale va perdurer pendant plusieurs années, cela ne fait aucun doute. Elle devrait passer de 68,1% fin 2008 à 77% au terme de cette année, avant de monter jusqu'à 88% en 2012, d'après le document préparatoire au débat d'orientation budgétaire présenté la semaine dernière à la commission des finances de l'Assemblée Nationale. Si l'INSEE rappelle que le lien entre dette publique et déficit public n'est pas direct, ce dernier va également se dégrader rapidement. Il a déjà déraillé par rapport aux engagements européens (le déficit public doit être inférieur à 3% du PIB) en atteignant 3,4% en 2008. Eric Woerth, le Ministre du Budget, a indiqué la semaine dernière qu'il se situera dans la zone 7 à 7,5% cette année et la suivante, avant de décroître très lentement dans la fourchette 6,5 à 6% en 2011 puis 5,5 à 5% en 2012.