L'économie américaine a renoué avec la croissance au troisième trimestre après un an de contraction et sa reprise a été plus marquée qu'attendu grâce au rebond de la consommation et de la construction, permettant aux Etats-Unis de sortir de leur pire récession depuis 70 ans.
Le produit intérieur brut (PIB) américain a progressé de 3,5% en rythme annuel au troisième trimestre, montre la première estimation publiée jeudi par le département du Commerce.
Les économistes interrogés par Reuters tablaient sur une hausse de 3,3%. Le PIB américain s'était contracté de 0,7% au deuxième trimestre.
Le chiffre publié pour juillet-septembre est le plus élevé enregistré depuis le troisième trimestre 2007.
Le PIB mesure la production totale de bien et de services à l'intérieur des frontières américaines.
Le dollar a immédiatement réagi à la publication de la statistique, s'inscrivant en hausse contre le yen et en baisse contre l'euro, une évolution liée à son statut de valeur refuge. Wall Street a ouvert en hausse de plus de 0,5% tandis que les marchés européens progressaient plus nettement encore.
"Les chiffres meilleurs qu'attendu montrent que la 'Grande récession' est terminée", commente Kevin Flanagan de Global Wealth Management. "La question qui se pose est la suivante: est-ce là une reprise statistique ou l'élan vers une reprise durable ?"
Perceptible dans tous les secteurs, la croissance au troisième trimestre a surtout été soutenue par une hausse de 3,4% de la consommation et par la construction résidentielle, en progression de 23,4%.
LE CHÔMAGE RESTE PRÉOCCUPANT
Cette progression des dépenses des ménages est imputable en partie aux mesures de relance gouvernementales, qu'il s'agisse de la "prime à la casse" destinée à soutenir un secteur automobile en plein marasme ou du crédit d'impôt de 8.000 dollars accordé aux primo-acquéreurs dans l'immobilier.
Reste que la prime à la casse n'est plus en vigueur depuis la fin du mois d'août et que le crédit d'impôt est censé expirer le 30 novembre.
Ces deux variables, conjuguées à un chômage qui culminait à 9,8% le mois dernier, risquent de peser sur la consommation au quatrième trimestre.
Jeudi, le département du travail a annoncé que les inscriptions hebdomadaires au chômage avait diminué d'un millier la semaine dernière pour tomber à 530.000. Les analystes tablaient sur 521.000.
Les bons chiffres du PIB sont également à mettre à l'actif d'un ralentissement du rythme des déstockages. La réduction des stocks en valeur est ressortie à 130,8 milliards de dollars au troisième trimestre contre un recul de 160,2 milliards au trimestre précédent.
Cette variation est venue ajouter 0,94% au PIB réel du troisième trimestre.
La faiblesse du dollar a en outre permis de doper les exportations, mais la hausse des importations a eu un effet négatif sur le PIB, annulant l'effet favorable constitué par la vulnérabilité du billet vert.
Version française Nicolas Delame