A peine remis de la crise, les marchés financiers résisteront-ils au nouveau choc financier venu du Golfe, avec l'onde de suspicion qu'il jette sur les finances publiques des Etats. Ils 'sont souverains et peuvent réserver des surprises aux investisseurs, parfois très mauvaises, lorsqu'ils se trouvent dos au mur. Les Etats peuvent modifier les règles du jeu s'ils sont acculés', estiment les analystes de la Société générale.
La crainte d'une faillite de l'émirat de Dubaï après l'annonce le 25 novembre au soir d'une demande de moratoire sur la dette du groupe phare de l'émirat, Dubaï World, a modifié l'orientation que les marchés de taux et de changes avaient prise en début de semaine. Les investisseurs se sont immédiatement dirigés vers les traditionnelles 'valeurs refuges'.
Les taux d'intérêt à long terme ont brutalement chuté sous l'effet des achats de bons du Trésor par les investisseurs délaissant la Bourse et les actifs risqués. Les taux à dix ans en France sont passés de 3,51 %, mercredi, à 3,40 % vendredi, et leur équivalent américain de 3,27 % à 3,15 %.
LE 'CHOC DE DUBAÏ'
De même, le dollar qui avait chuté face à l'euro durant la première moitié de la semaine s'est redressé, retrouvant son attrait de devise refuge. L'euro est revenu à 1,4828 dollar, vendredi, après avoir atteint mercredi 1,5134 dollar - son plus haut niveau depuis août 2008.
Subissant le 'choc de Dubaï', le sterling a aussi fortement chuté. La devise britannique, qui avait progressé face au dollar de 1,22 % au cours des trois premières séances de la semaine, a abandonné 2,05 % au cours des deux dernières. Et, face à l'euro, la livre a perdu 0,44 % en deux jours. Selon les analystes de la banque UBS, la pression sur la devise britannique est attribuable d'une part aux investissements très significatifs faits au Royaume-Uni depuis plusieurs années par les investisseurs privés et les fonds souverains basés dans le Golfe - et à la crainte qu'ils puissent être liquidés pour renflouer des pertes -, mais surtout aux engagements dans la région des banques britanniques, déjà fragilisées par la crise. Leur exposition était de 35 milliards de dollars (23,5 milliards d'euros) en 2008 rappellent les experts d'UBS, en s'appuyant sur des données de l'association des banques émiraties.En lire plus sur LeMonde.fr
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