|
| samedi 19 avril 2008 |
|
|
|
vendredi 28 mars 2008, 12h48
PARIS (Reuters) - La croissance française au quatrième trimestre a été revue en hausse de 0,1 point à +0,4%
par rapport au trimestre précédent, grâce en partie à l'investissement des entreprises, mais la statistique publiée
par l'Insee comporte aussi des données inquiétantes sur la situation de ces dernières.
La croissance de l'ensemble de 2007 demeure inchangée à 1,9%, après 2,2% en 2006 et 1,7% en 2005. Le produit intérieur brut avait progressé de 0,8% au troisième trimestre, de 0,3% au deuxième et de 0,6% sur les trois premiers mois de l'année. L'Insee prévoit une hausse de 0,4% également du PIB au premier trimestre 2008 selon sa note de conjoncture publiée la semaine dernière, une prévision qui rejoint celle de la Banque de France. La révision du quatrième trimestre n'est pas une surprise dans la mesure où la première estimation du 14 février, calculée avec trois décimales, donnait une croissance de 0,348% qui est donc devenue 0,383%. Considérée comme mineure ou technique par les économistes, la révision tient en partie à l'investissement des entreprises non financières, revu à +1,3% au quatrième trimestre au lieu de +1,0% annoncé en première estimation. Mais le détail des statistiques montre que le taux de marge des entreprises a reculé à 30,0% au quatrième trimestre contre 30,5 au troisième, et que leur taux d'autofinancement (le ratio épargne/investissement) a fondu à 48,5% contre 58,5%. "C'est un problème au moment où les entreprises éprouvent des difficultés croissantes à trouver des financements extérieurs", juge Alexander Xerfi, chef économiste au cabinet de recherche Xerfi. "En toute logique, l'investissement devrait donc baisser sensiblement de régime au cours des prochains mois, de même que l'emploi". "Le taux de marge est au plus bas depuis plusieurs années", renchérit Nicolas Bouzou chez Asterès. "On pourra prendre toutes les mesures possibles et imaginables sur les heures supplémentaires et la participation, on n'arrivera pas à faire distribuer par les entreprises à leurs salariés de l'argent qu'elles n'ont pas gagné". LE POUVOIR D'ACHAT RALENTIT L'investissement des ménages, essentiellement dans l'immobilier neuf, a de son côté été revu en baisse à +0,4% au quatrième trimestre au lieu de +1,1% estimé en février. Sur l'ensemble de 2007, l'investissement des entreprises non financières a augmenté de 5,1%, après +4,6% en 2006, alors que l'investissement des ménages a fortement ralenti à 1,4% contre +4,5% l'année précédente - "de quoi étayer l'hypothèse d'un ralentissement en cours du marché immobilier", souligne Alexander Law. Le compte des ménages révèle aussi une hausse de 3,3% du pouvoir d'achat en 2007, après +2,4% en 2006, mais avec un net ralentissement au quatrième trimestre puisqu'il n'a augmenté que de 0,2% après une hausse de 1,4% au trimestre précédent. "La nette accélération de l'inflation en ce début d'année va continuer de grignoter les revenus des ménages. La consommation tournera donc au ralenti au premier semestre, sur fond de hausse de l'épargne financière et de ralentissement de l'immobilier", prédit l'économiste de Xerfi. Ces données font écho à la nouvelle baisse du moral des ménages également annoncée vendredi par l'Insee, avec un indicateur synthétique à -36, au plus bas depuis que cette statistique a été créée en janvier 1987. C'est de mauvais augure pour la consommation, qui a ralenti au quatrième trimestre avec une hausse de 0,4% contre +0,8% au troisième trimestre. La contribution négative des stocks (-0,4 point) au PIB a été confirmée, conséquence d'un mouvement massif de déstockage des entreprises qui avait surpris les économistes lors de la première estimation du PIB publiée le 14 février. Les variations de stocks n'avaient pas contribué à la croissance au troisième trimestre. Les exportations ont fléchi (-0,2% après +1,1% au troisième trimestre) mais moins que les importations (-1,2% après +1,2%) : le solde du commerce extérieur a ainsi contribué pour +0,3 point à l'évolution du PIB après une contribution nulle au troisième trimestre. Sur l'ensemble de l'année, le commerce extérieur a toutefois contribué négativement à la croissance à hauteur de 0,4 point de PIB. Pour le premier trimestre, l'Insee anticipe une contribution nulle du commerce extérieur et des variations de stocks. Véronique Tison
|
|
|
|
|
|
Suggestions ou critiques sur ce service
Copyright © 2008 Yahoo! Inc. Tous droits réservés. Yahoo! et vos données personnelles - Conditions d'utilisation Copyright © 2008 Reuters. Tous droits réservés. La reproduction ou la distribution de ces écrans sans l'accord express de Reuters est rigoureusement interdite. * Informations destinées exclusivement à Yahoo! France SAS dans le cadre de votre abonnement à la lettre d'information "Actualités" de Yahoo! Conformément à la loi du 6 janvier 1978, vous disposez d'un droit d'accès, de rectification et de suppression des données vous concernant que vous pouvez exercer auprès de Yahoo! France |