(AOF) - Pour mesurer les performances et les perspectives d'une compagnie pétrolière, les investisseurs disposent de plusieurs indicateurs clefs, dont le degré d'importance peut toutefois varier selon la conjoncture. Dans une situation économique prospère, le marché s'intéresse plus particulièrement à l'ampleur de la hausse des profits et des dividendes. A contrario, dans un environnement difficile, le marché tend à focaliser davantage son attention sur les réductions des coûts. Au final, un seul critère jouit d'une importance constante : la production.
Par-delà l'évolution de l'économie mondiale, les investisseurs n'oublient pas que les ressources d'énergies fossiles ne sont pas inépuisables. Ainsi, les compagnies qui parviennent à limiter le repli, voire à augmenter leur production en maîtrisant leurs coûts, verront leur influence augmenter au sein du secteur.
En prenant en 2007 la tête de BP, Tony Hayward connaissait cette problématique. · l'époque, les ennuis techniques se succédaient sur les sites de production de la compagnie britannique. Les coûts explosaient tandis que la production et les profits se contractaient de concert.
Deux ans plus tard, à la faveur d'un plan d'économie drastique et d'une nouvelle politique d'investissement, notamment dans le Golfe du Mexique, le P-DG a renversé la donne. Son groupe affiche la meilleure performance boursière du secteur (+35% depuis un an, contre +20% pour Total (FP.NX - actualité) et +17% pour Shell (London: RDSB.L - actualité) ).
Les résultats du troisième trimestre renforcent cette tendance. En effet, BP a publié un bénéfice net supérieur aux attentes, soutenu par ses mesures de réduction des coûts et la hausse de sa production.
· Londres, le titre bondit de 4,16% à 590,79 pence. Dans son sillage, Total gagne plus de 2% à 42,75 euros et Shell 2,10% à 21,29 euros.
Hors éléments exceptionnels, le bénéfice net est ressorti en repli de 47% à 4,67 milliards de dollars en raison de la baisse des prix du pétrole. Mais les analystes de la City tablaient sur un résultat de seulement 3,25 milliards de dollars. BP a relevé ses prévisions de réduction de coûts à 4 milliards de dollars pour 2009 contre trois milliards auparavant.
"Ces résultats témoignent de l'élan pris par le groupe. Nous continuons de transformer note base de coûts", a commenté Tony Hayward.
D'autant que la production de pétrole et de gaz a progressé de près de 7%, à 3,91 millions de barils équivalent pétrole par jour (mbep/j). · titre de comparaison, Total a accusé un déclin de 7,3% de sa production au deuxième trimestre.
CA Cheuvreux a salué "la très forte performance opérationnelle du groupe" et a réaffirmé son opinion Surperformance et son objectif de cours de 620 pence.
(P-J.L)
AOF - EN SAVOIR PLUS
LE SECTEUR DE LA VALEUR
Pétrole et parapétrolier
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a révisé à la hausse ses prévisions pour la demande de pétrole. Cette dernière devrait diminuer cette année de 2,2% par rapport à l'an dernier, contre une baisse de 2,7% précédemment estimée. Ces données plus optimistes reflètent la croissance de la consommation chinoise et la demande plus forte que prévue aux Etats-Unis. L'IAE estime désormais que la demande devrait atteindre 84,4 millions de barils par jour (mbj) cette année. Pour 2010, elle devrait s'accroître de 1,5%, à 85,7 mbj. Selon l'Agence deux scénarios peuvent être envisagés pour l'avenir. Dans le premier, la croissance mondiale atteindrait 5% par an en 2012-2014. La demande de pétrole augmenterait alors de 1,4% par an après 2009. Dans ce cas un ® choc pétrolier ¯ risque de survenir car les compagnies reportent actuellement leurs investissements actuels, ce qui pénalise l'offre future. Dans le second scénario, la croissance mondiale serait plus limitée, de l'ordre de 3% par an sur la période 2012-2014. La demande serait alors satisfaite par l'offre et tout ® choc pétrolier ¯ serait écarté.