Par Matthieu Protard
Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, se dit vendredi "satisfait" de la solvabilité des banques françaises mais estime que des risques persistent sur les hedge funds, les financements à effet de levier et sur certains produits structurés.
"La solvabilité des banques françaises est satisfaisante", a déclaré Christian Noyer lors de la présentation à la presse du rapport de la Commission bancaire, l'autorité de contrôle du secteur bancaire français.
"Les exercices de stress tests menés ces derniers mois me paraissent de nature à confirmer l'appréciation que je porte sur la solidité des banques françaises", a-t-il ajouté, indiquant qu'à la fin 2008, les huit grands groupes bancaires affichaient en France un ratio de fonds propres de 8,3% contre 8% en 2007.
Le gouverneur de la Banque de France a toutefois souligné que la crise obligeait encore les banques à se montrer très vigilantes.
"Les effets dits de "second tour" de la crise pourraient fragiliser les engagements bancaires sur les CLO (collateralised loan obligations, titrisation de créances, ndlr) et les financements à effet de levier, et en particulier les LBO (leveraged buy-out)", a mis en garde Christian Noyer.
"Les risques découlant des activités de gestion alternative, en relation avec les hedge funds, sont un facteur d'attention", a-t-il encore dit.
Les produits structurés ayant pour sous-jacents des prêts finançant l'immobilier résidentiel ou commercial sont, à ses yeux, à "suivre avec attention".
Priée de dire si tous les actifs risqués des banques françaises étaient connus et s'ils faisaient l'objet de provisions suffisantes, Danièle Nouy, la secrétaire générale de la Commission bancaire, a répondu: "Oui, à mon avis. Nous sommes très, très vigilants".
COÛT DU RISQUE ÉLEVÉ POUR LES BANQUES
Commentant les résultats publiés pour les trois premiers mois de l'année, la Banque de France estime qu'il est "difficile" de tirer des conclusions pour 2009 mais relève que "le coût du risque reste à un niveau élevé".
Les évolutions sont, fait-elle remarquer, "particulièrement contrastées, d'une banque à l'autre, notamment pour ce qui est des activités de banque de financement et d'investissement.
Le gouverneur de la Banque de France a toutefois mis en garde les banques contre la tentation de relancer leurs activités de marché pour profiter d'un début de rebond des marchés financiers.
"Le regain des activités de marché serait une bonne chose si, et seulement si, les processus de gestion et d'encadrement des risques se développent au même rythme", a-t-il prévenu.
Comme Christine Lagarde, la ministre française de l'Economie, l'avait déclaré, Christian Noyer a redit que la France n'avait pas besoin de mettre sur pied une "bad bank" pour y loger les actifs toxiques des banques. Il s'est en revanche prononcé pour une utilisation régulière des stress tests.
Interrogé plus spécifiquement sur Natixis, il a considéré que la banque, détenue à 71% par les Banques populaires et les Caisses d'épargne, n'avait pas présenté de "risque systémique".
Il a néanmoins reconnu que la banque, qui affiche à fin mars près de 33,7 milliards d'euros d'actifs risqués, avait été "plus lente" que les autres à procéder à un recentrage de ses activités.
Vers 12h50, les titres Société générale et BNP Paribas gagnaient respectivement 0,95% à 39,50 euros et 0,71% à 46,80 euros. Le Crédit agricole progressait de 0,12% à 9,15 euros tandis que Natixis abandonnait 0,14% à 1,40 euros.
Au même moment, l'indice sectoriel DJ Stoxx des banques européennes avançait de +0,32% avec un CAC 40 en recul de 0,3%.
Edité par Jean-Michel Bélot