WACO, Texas (Reuters) - Deux responsables de la Réserve fédérale ont estimé que la
banque centrale américaine ne devait pas perdre de vue les risques inflationnistes dans les actions menées pour relancer l'économie des Etats-Unis.
La priorité de la Fed doit désormais être de continuer à injecter des liquidités dans les marchés financiers et non pas de baisser à nouveau ses taux d'intérêt, a déclaré Richard Fisher, président de la Réserve fédérale de Dallas, lors d'un colloque organisé à Waco (Texas).
Ce dernier a déjà vote à deux reprises contre une baisse des taux cette année, devenant ainsi le "monsieur anti-inflation" du comité de politique monétaire de la Fed.
Etant donné le décalage entre les décisions de politique monétaire et leur effets sur l'économie, Richard Fisher estime que la Fed prend le risque de créer les conditions d'une inflation durable une fois que la conjoncture sera plus favorable.
"Si le PIB recommence à croître à un moment où l'inflation est, à un niveau de base, très élevée, alors les conditions pour une inflation sur le long terme pourraient être réunies", a-t-il déclaré.
Ces propos font écho à ceux de Richard Evans, président de la Fed de Chicago, qui a conseillé à la Fed d'avoir l'inflation "à l'esprit" lorsque l'économie repartira, probablement au cours du second semestre de 2008.
"Nous avons d'innombrables exemples d'entreprises qui font porter le poids de la hausse des coûts à leurs clients et les anticipations en matière d'inflation ont augmenté", a-t-il déclaré, ajoutant que l'inflation sous-jacente avait atteint un niveau très élevé.
Depuis le mois de septembre 2007, la Réserve fédérale a ramené ses trois directeurs de 5,25% à 2,25% dans l'espoir de contenir la crise financière provoqué par l'effondrement cet été du marché des "subprime", ces prêts immobiliers consentis à des emprunteurs offrant peu de garanties de solvabilité.
Les marchés financiers tablent sur un nouvel assouplissement d'un quart de point en avril alors que tout le monde se demande si les Etats-Unis sont oui ou non entrés en récession.
Un indice mensuel de la Fed de Chicago, qui constitue une pondération d'une douzaine d'indicateurs économiques, montre "peu ou pas de croissance économique lors des derniers mois en date", a déclaré Charles Evans.
Richard Fisher a de son côté qualifié l'économie d'"anémique", ajoutant qu'elle pourrait rester dans cet état plus longtemps qu'il ne l'avait imaginé au prime abord.
Il s'est toutefois refusé à utiliser le terme de récession et s'est dit en désaccord avec ceux qui, comme Martin Feldstein, spécialiste en économie à Harvard, pensent que les Etats-Unis vont connaître leur pire récession depuis la deuxième guerre mondiale.
Version française Benoit Van Overstraeten