PARIS (AP) - La ministre de l'Economie Christine Lagarde estime dans un entretien publié vendredi par "Les Echos" que la politique fiscale de la France en matière environnementale doit être "plus coercitive qu'incitative". "En clair, il faut instaurer davantage de malus que de bonus", déclare-t-elle en faisant le point sur les orientations de la "revue générale des prélèvements obligatoires" que lui ont confiée le président Nicolas Sarkozy et le Premier ministre François Fillon, soulignant la nécessité de "traduire dans la fiscalité les engagements du Grenelle de l'environnement". "Dans ce domaine, je crois que l'Etat doit être plus coercitif qu'incitatif, en sanctionnant les mauvais comportements", estime Mme Lagarde, évoquant notamment l'instauration d'une taxe carbone pour les poids lourds. "Nous réfléchissons, avec (le ministre de l'Ecologie) Jean-Louis Borloo, à la mise en place d'une taxe kilométrique pour les poids lourds qui traversent l'Hexagone", qui "pourrait rapporter un milliard d'euros par an" à partir de 2010 pour "financer les nouvelles infrastructures de transport", selon Mme Lagarde. Une majoration de l'avantage fiscal du prêt à taux zéro "pour les logements à haute performance énergétique" est également à l'étude. La ministre confirme par ailleurs "réfléchir" à un plafonnement global des niches fiscales, "plus efficace que l'instauration d'un
impôt minimal", et à une remise à plat du calcul de l'assiette des
impôts locaux. "Notre stratégie fiscale va être entièrement tournée vers la compétitivité de nos territoires et de nos entreprises. Nous allons donc réviser les valeurs locatives, c'est-à-dire le calcul de l'assiette des impôts locaux", déclare la ministre, en annonçant des concertations avec les élus locaux et les professionnels pour la rentrée. Enfin, Mme Lagarde souligne que la stratégie fiscale d'ici la fin du mandat de Nicolas Sarkozy sera conçue à "taux de prélèvements obligatoires constant". "D'ici à 2012, la priorité absolue est d'éliminer le déficit public, elle n'est pas de baisser les impôts", déclare la ministre de l'Economie. AP mgh/ma