Les deux indices phares de
Wall Street que sont le
Nasdaq (NASDAQ: actualité) et le
Dow Jones (actualité) ont terminé ex-aequo ce jeudi en clôture, en vive hausse de 2,08%. Le DJIA a fini sa course à 8.472 pts et le Nasdaq s'est fixé sur les 1.829 pts. La séance avait pourtant mal débuté après l'annonce du Département US au Travail concernant les chiffres hebdomadaires du chômage. Néanmoins, les investisseurs se sont laissés séduire notamment par les secteurs de la construction et de la
distribution dont la plus-part des valeurs affichent de fortes hausses. A noter qu'aucune valeur du DJIA n'a clôturé en territoire négatif ce jeudi.
Rappelons que les indices américains avaient clôturé en ordre dispersé hier soir, mercredi, alors que la Fed avait, comme anticipé, laissé inchangé ses taux directeurs, toujours au plus bas, mais ne s'était pas montrée aussi optimiste que ne l'espéraient les investisseurs. Ces derniers ont également appris, avant l'ouverture des échanges de ce jour, que le PIB des Etats-Unis s'est contracté sur un rythme annualisé de 5,5% au 1er trimestre 2009 (contre 5,7% en première lecture).
Le Département US au Travail vient d'annoncer que les inscriptions hebdomadaires nouvelles au chômage, sur un rythme ajusté des variations saisonnières, ont progressé de 15.000 pour la semaine close au 20 juin pour s'établir à 627.000, au plus haut depuis la mi-mai! Un chiffre moins bon qu'attendu puisque le consensus Bloomberg tablait sur 600.000 nouvelles demandes. La moyenne à quatre semaines atteint 617.250 pour la période terminant le 20 juin. Un chiffre en hausse de 500 par rapport à la semaine précédente. Le taux de chômage indemnisé lors de la semaine close le 13 juin atteint 5%, inchangé par rapport à la semaine précédente. Le nombre de chômeurs indemnisés sur la même période s'établit à 6,74 millions, en hausse de 29.000 par rapport à la semaine précédente.
Le PIB des Etats-Unis s'est contracté sur un rythme annualisé de 5,5% au 1er trimestre 2009, selon l'estimation finale fournie ce jeudi par le Département au Commerce, une dégradation moins importante qu'anticipée puisque le consensus attendait un chiffre de -5,7%, identique à l'estimation initiale. La correction sur le 4ème trimestre 2008 a été confirmée à -6,3%. La contraction observée sur deux trimestres est ainsi la pire en 60 ans. Les détails du PIB du 1er trimestre font ressortir les contributions négatives des exportations, du déclin des stocks et des investissements des entreprises, de l'immobilier, et la contribution positive des dépenses de consommateurs.
Comme attendu donc, la Réserve Fédérale Américaine a laissé inchangé ses taux, ramenés au plus bas depuis décembre 2008, entre 0 et 0,25%. Depuis la dernière réunion du mois d'avril dernier, le Comité monétaire de la Banque centrale US suggère que le rythme de contraction de l'économie US s'est ralenti. Les conditions sur les marchés financiers se sont généralement améliorées au cours des derniers mois. Les dépenses des ménages ont montré de nouveaux signes de stabilisation, mais restent limitées par les pertes d'emplois, la baisse des prix des logements, et le resserrement sur le marché du crédit. Les entreprises ont poursuivi la baisse de leurs investissements fixes et leurs réductions d'effectifs, mais il semble y avoir des progrès en matière de stocks et d'alignement sur les ventes. Bien que l'activité économique soit susceptible de rester faible pour un certain temps encore, le Comité continue de prévoir que les actions politiques visant à stabiliser les marchés financiers et les institutions, les stimulations fiscales et monétaires, et les forces de marché contribueront à une reprise progressive de la croissance économique durable dans un contexte de stabilité des prix.
Le prix de l'énergie et des autres produits de base ont augmenté ces derniers temps. Toutefois, le Comité s'attend à ce que l'inflation reste faible pendant un certain temps. Dans ces circonstances, la Réserve fédérale va employer tous les instruments disponibles pour promouvoir le redressement économique et préserver la stabilité des prix. Le Comité maintient donc ses taux fédéraux dans la fourchette cible comprise entre 0 et 0,25%, et estime que les conditions économiques sont de nature à justifier ce niveau exceptionnellement bas pour une période prolongée. Comme annoncé précédemment, afin de fournir un soutien aux marchés du logement et à améliorer les conditions générales sur les marchés du crédit privés, la Réserve fédérale va acheter un total de 1,25 Mds$ de titres adossés à des prêts hypothécaires et jusqu'à 200 Mds$ de dettes agencées d'ici à la fin de l'année. En plus, la Réserve fédérale va acheter jusqu'à 300 Mds$ de titres du Trésor d'ici à l'automne. Le Comité continuera d'évaluer le calendrier et les montants de ses achats de titres en fonction de l'évolution des perspectives économiques et des conditions des marchés financiers. La Réserve fédérale continuera de surveiller la taille et la composition de son bilan et fera des ajustements à ses programmes de crédit et de liquidité si cela est nécessaire. A noter enfin, que ces décisions ont été prises à l'unanimité par le Comité de politique monétaire de la Fed.
Le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke a indiqué que la banque centrale US n'a pas forcé Bank of America (NYSE: IKJ - actualité) à acquérir le groupe en difficulté Merrill Lynch (NYSE: MER - actualité) . "Je crois que la Réserve fédérale a agi avec la plus grande intégrité tout au long des discussions avec Bank of America et Merrill Lynch", a déclaré Ben Bernanke devant le Congrès américain. Le président de la Fed a précisé n'avoir fait pression ni sur le management du groupe ni sur le conseil d'administration dans cette affaire. "Je n'ai pas dit au management de Bank of America que la Réserve fédérale devait prendre des mesures contre le conseil d'administration ou le management", s'ils décidaient d'invoquer une clause dans le contrat d'acquisition afin de compromettre la fusion, a expliqué Bernanke à la Chambre de surveillance et au Comité de la réforme du gouvernement.
VALEURS A SUIVRE
ConAgra (-4%). Le Groupe alimentaire du Nebraska vient d'annoncer ses résultats du quatrième trimestre fiscal 2009. Sur la période, le groupe affiche un bénéfice en chute de 13,2% à 174 Millions de dollars, soit 0,39$ par action. Les analystes tablaient sur un bpa de 0,41$. Les ventes sur le T4 se montent à 3,29 Milliards de dollars, contre 3,06 Mds$ un an avant. Sur l'ensemble de l'exercice 2009, le groupe affiche un revenu de 12,7 Mds$, en hausse de 10,1% par rapport à 2008. Son résultat net ressort à 978,4 M$, en croissance de 5,1%. Le bpa est de 2,15$ en hausse de 13,2$. Pour 2010, le groupe alimentaire anticipe un bpa compris entre 1,63 et 1,66$.
McCormick (stable). Le Groupe alimentaire américain vient d'annoncer les résultats de son second trimestre fiscal 2009. Sur la période, le groupe affiche un résultat net de 50,7 Millions de dollars, soit 0,38$ par action, contre un bénéfice de 53,3 M$ (0,41$ par action) sur la même période de l'exercice précédent. En base ajustée, le bpa s'affiche à 0,42$ contre 0,39$ un an avant. Les analystes anticipaient un bpa de 0,41$. Sur le T2, le revenu opérationnel de McCormick est de 85,2 M$ contre 80,5 M$ un an avant. Par ailleurs, le groupe réaffirme ses guidances pour 2009, soit un bpa compris entre 2,24$ et 2,28$ incluant une charge de restructuration de 0,05$ par action. Les ventes sont attendues en hausse de 2 à 3%.
Hertz (+15%). Hertz Global Holding vient de renouer avec la tradition d'offrir des prévisions de résultats aux investisseurs. Le groupe table désormais sur un résultat net ajusté, pour le second trimestre, compris entre 0,09 et 0,10$ par action pour un revenu compris entre 1,7 et 1,75 Milliards de dollars. Les analystes prévoyaient entre une perte de 0,01$ et un gain de 0,03$ par action, pour un revenu de 1,9 Md$. Mark P. Frissora, Chairman et Chief Executive du groupe, explique que la demande de location de véhicules aux Etats-Unis et en Europe s'est stabilisée, et que la période d'été s'annonce meilleur qu'attendu. Le groupe précise par ailleurs que l'impact négatif des difficultés de Chrysler (Xetra: 710000 - actualité) et de General Motors (NYSE: GM - actualité) ne se ressentira pas à long terme. Sur l'ensemble de 2009, le groupe anticipe un bpa ajusté compris entre 0,12$ et 0,15$.
AIG (+3%). American International Group (NYSE: AIG - actualité) vient de recevoir l'approbation de la Federal Reserve Bank de New York pour effectuer une offre publique de vente concernant deux de ses divisions internationales. L'opération permettra à l'assureur de réduire sa dette envers le gouvernement de 25 Milliards de dollars. Le groupe indique qu'American International Assurance et American Life Insurance seront introduit en bourse en fonction des conditions de marché. Les deux entités seront avant cela placées dans des SPV (special-purpose vehicles) ce qui permettra la Fed de recevoir des intérêts préférentiels de 16 Mds$ pour AIA et 9 Mds$ pour Alico (NASDAQ: ALCO - actualité) . AIA, est une branche asiatique d'AIG, et couvre 13 marchés incluant l'Australie, Hong Kong, l'inde et la Corée du Sud. Alico, de son côté, opère dans 55 pays, notamment le Japon, l'Angleterre et l'Allemagne. Le groupe précise qu'il doit encore 40 Mds$ de crédit à la Fed.
Lennar (NYSE: LEN - actualité) (+17%). Le promoteur immobilier américain basé à Miami, vient de publier les résultats de son deuxième trimestre fiscal 2009. Sur la période la firme fait état d'une perte nette de 125,2 M$ ou 76 cents par titre contre un déficit de 120,9 M$ ou 76 cents par action au T2 08. Ces résultats prennent en compte une charge de 38 cents liée à des ajustements de valeur. Les revenus reculent de 21% à 891,9 M$. Le consensus attendait un bpa négatif à hauteur de 64 cents pour de 597,5 M$.
Bed Bath & Beyond (NASDAQ: BBBY - actualité) (+9%). Le détaillant américain a publié tard hier soir après bourse les résultats de son premier trimestre fiscal 2010. Sur la période close fin mai, la société enregistre un bénéfice net de 87,2 M$ ou 34 cents par action, contre un profit de 76,8 M$ ou 30 cents par titre un an plus tôt. Les ventes grimpent de 2,8% à 1,69 Md$, mais reculent de 1,6% à magasins comparables. Le consensus tablait sur un bpa de 25 cents pour des revenus de 1,68 Md$.
Nike (-3%). Le groupe vient de publier les comptes de son quatrième trimestre fiscal 2009. Sur la période, le Groupe de l'Oregon voit son bénéfice net plonger de 30% à 341,1 Millions de Dollars ou 70 cents par action, à comparer avec un profit de 490,5 M$ ou 0,98 cents par titre un an plus tôt. Hors exceptionnels, le bpa atteint 99 cents, en hausse de 5%. Les ventes reculent de 7% à 4,7 Mds$. Le consensus attendait un bpa de 96 cents pour des revenus de 4,7 Mds$. Sur la totalité de l'exercice, le bénéfice net recule de 21% à 1,49 Md$ et le bpa dilué baisse de 19% à 3,03$. Les revenus grimpent en revanchent de 3% à 19,2 Mds$. Les commandes mondiales en chaussures de sports et vêtements, prévues à la livraison entre juin 2009 et novembre 2009, totalisent 7,8 Mds$, en recul de 12% en glissement annuel.
Red Hat (NYSE: RHT - actualité) (-4%). Le leader open source de Caroline du Nord vient de publier les résultats de son premier trimestre 2010, clos fin mai. Sur la période, la firme enregistre un bénéfice net de 18,5 M$ ou un bpa dilué de 0,10$ contre un profit de 17,3 M$ ou un bpa dilué de 0,08$ un an plus tôt. En base non GAAP, le bénéfice net s'établit à 28,7 M$ ou 0,15$ par action à comparer avec un profit de 26 M$ ou 0,12$ par titre au T1 09. Les revenus grimpent de 11% à 174,4 M$. Le consensus attendait un bpa de 14 cents pour des ventes de 171,8 M$.
Bank of America (stable). Le groupe a indiqué que ses diverses opérations de levées de fonds vont lui permettre de récupérer plus de capitaux que ne l'exigeaient les 'stress tests'. Rappelons que d'après ces tests de solidité, le groupe bancaire BofA avait besoin de 33,9 Milliards de dollars pour pouvoir faire face à une éventuelle dégradation des conditions économiques.
Jefferies Group (NYSE: JEF - actualité) (+6%). La firme financière new-yorkaise a indiqué qu'elle s'attendait à enregistrer, pour le second trimestre se terminant le 30 juin, un revenu de plus de 500 Millions de dollars. Les analystes tablaient sur un revenu de 340 Millions de dollars. Notons par ailleurs que le broker FBR Capital Markets a revu à la hausse, de 13 à 17$, son objectif de cours sur le dossier. La recommandation du broker reste néanmoins à "performance de marché". Le titre Jefferies Group flambe de 5% en ce moment sur le Nyse à 21,4$.
Kimberly-Clark (+2%). Le spécialiste US des produits de consommation de Dallas, a annoncé son intention de supprimer 1.600 postes, soit 3% de l'ensemble de ses effectifs. Le fabricant de Kleenex et de couches Huggies, qui emploie 53.000 personnes à travers le monde, indique ne pas avoir pour l'instant l'intention de fermer des sites de production. Le groupe Kimberly-Clark s'attend à enregistrer une charge de 140 à 150 Millions de dollars, soit environ 25 cents par action sur le T2. En revanche, le groupe espère économiser environ 60 M$, ou 10 cents par action, au cours de la deuxième moitié de l'exercice. Sur le T1, Kimberly-Clark avait annoncé des ventes en baisse de 6,6% à 4,5 Mds$. La croissance organique était en progression de 6%. Son bpa dilué ressortait à 0,98$, en baisse de 6%. Le résultat net était de 431 M$, en recul de 9,5%.