Par Matthieu Protard
Le comité des établissements de crédit et des entreprises d'investissement (CECEI) a agréé mardi le nouveau groupe Banque populaire-Caisse d'épargne, bouclant l'étape réglementaire préalable à la création du deuxième réseau bancaire français après le Crédit agricole.
L'agrément du CECEI survient tout juste 24 heures après le feu vert de l'Autorité de la concurrence au rapprochement des deux banques mutualistes et deux semaines après le vote par les parlementaires français du projet de loi sur la fusion des Banques populaires et des Caisses d'épargne.
François Pérol, l'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée dont le parachutage à la tête des Banques populaires et des Caisses d'épargne en mars dernier avait provoqué un tollé dans le monde politique et syndical, va désormais s'atteler à la création juridique du nouveau groupe prévue pour fin juin.
Le rapprochement des deux banques passera concrètement par la fusion des organes centraux des deux établissements, la Banque fédérale des Banques populaires (BFBP) et la Caisse nationale des Caisses d'épargne (CNCE) qui détiennent ensemble 71% du capital de Natixis.
"Le nouvel organe central, créé par la loi du 18 juin 2009, se substituera aux deux organes centraux existants, la Caisse nationale des Caisses d'épargne et la Banque fédérale des Banques populaires", indique le CECEI dans son communiqué.
Précipité par l'exacerbation de la crise financière à l'automne dernier qui a suivi la faillite de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers, ce rapprochement donnera naissance à un ensemble bancaire de 34 millions de clients et doté d'un réseau de 7.700 agences.
Sur le marché français de la banque de détail, la part de marché de la nouvelle banque est estimée à environ 20%.
FACTURE DE CIFG ESTIMÉE À 3,5 MILLIARDS D'EUROS
L'Etat français s'est engagé à apporter à la nouvelle banque jusqu'à 5 milliards d'euros, une aide financière qui a été acceptée par la Commission européenne le 8 mai dernier. En contrepartie, le gouvernement pourra désigner quatre des 18 membres du conseil de surveillance du nouveau groupe.
Plombées notamment par Natixis, qui a accusé en 2008 une perte nette de 2,799 milliards d'euros, et par des acquisitions en haut en cycle dans l'immobilier, les Banques populaires et les Caisses d'épargne ont vu l'an dernier leurs comptes virer dans le rouge.
L'Ecureuil a également subi de son côté une perte de trading de 751 millions d'euros en octobre 2008.
Les deux banques ainsi que Natixis ont aussi payé la facture de la déroute de leur filiale de rehaussement de crédit CIFG, qui a fait l'objet d'un accord de commutation début 2009 avec ses principaux créanciers.
"Au final, les pertes consolidées essuyées par la CNCE, la BFBP et Natixis du fait de CIFG s'élèvent à près de 3,5 milliards d'euros", lit-on dans le rapport de l'Assemblée nationale sur le projet de fusion des deux banques mutualistes.