Affecté par les inquiétudes des consommateurs, le redressement du secteur des services a subi un coup d'arrêt au mois de juin dans la zone euro, montrent les chiffres publiés mardi par Markit/PMI qui soulignent cependant que le secteur industriel est mieux orienté.
Les études confirment que si le pire de la récession semble passé, il faudra du temps avant de pouvoir parler de véritable reprise.
Les résultats préliminaires de l'enquête Markit/PMI, établis sur la base d'informations collectées auprès de près de 2.000 entreprises, montrent que l'indice du secteur des services a reculé en juin à 44,5 contre 44,8 en mai. Il est bien inférieur au chiffre 45,8 qu'attendaient les économistes.
L'indice reste en dessous de la barre des 50 qui sépare contraction et expansion d'activité.
"Les données PMI flash correspondent à une baisse de 0,5% à 0,6% du PIB dans l'Eurozone au deuxième trimestre, mais l'enquête de juin montre un fléchissement de la contraction à la fin du trimestre", commente Chris Williamson, chef économiste à Markit.
Pour Kenneth Broux, analyste de Lloyds, "l'indice PMI des services pose deux questions: la première, celle du chemin de la reprise, la deuxième, celle du calendrier de la reprise. (...) La reprise est improbable avant, au mieux, la fin 2009."
Les chiffres décevants du secteur des services contrastent avec les signaux encourageants envoyés par le secteur industriel.
LE SECTEUR INDUSTRIEL MIEUX LOTI
L'indice PMI "flash" manufacturier monte à 42,4 en juin, contre 40,7 en mai, son niveau le plus élevé depuis septembre dernier. Il est de surcroit légèrement supérieur au chiffre de 42,3 attendu par les économistes.
Cette progression a permis à l'indice flash composite de s'inscrire en hausse à 44,4 contre 44,0, là encore un plus haut depuis septembre.
Ces chiffres vont sans doute conforter la Banque centrale européenne dans son choix de laisser son principal taux d'intérêt inchangé à 1,0% afin de soutenir une économie qui peine à repartir.
Lundi, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a prévenu que l'économie n'était pas à l'abri de nouvelles turbulences et il a averti les gouvernements qu'ils n'avaient plus de marge de manoeuvre pour utiliser le levier de la dette pour combattre la crise.
Les estimations flashs des PMI allemands et français dessinent un tableau contrasté des deux premières économies de la zone euro.
Si le composite PMI français a bondi un plus haut d'un an à 47,7 en juin contre 46,6 en mai, le même indice a reculé en Allemagne à 43,4 contre 44 en mai, notamment en raison de la contraction de l'activité des services. et
Markit a souligné qu'il n'était pas exclu que l'Allemagne connaisse une contraction de son PIB à chaque trimestre de 2009.
Certains éléments incitent cependant à l'optimisme. Les nouvelles commandes dans les services s'inscrivent à 43,3, au plus haut depuis septembre dernier, tandis que les anticipations d'activité sont au plus haut depuis juillet 2007.
Ces deux éléments sont peut être à l'origine de l'amélioration de l'indice de l'emploi qui grimpe à 42,3 contre 40,7, suggérant un ralentissement du rythme des suppressions de postes.
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Version française Nicolas Delame