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lundi 21 juillet 2008, 7h40
BASE NAVALE DE GUANTANAMO, Cuba (Reuters) - Le tribunal militaire d'exception américain créé dans le cadre de la "guerre contre le terrorisme" va passer un test important avec l'ouverture, ce lundi, du premier procès sur la base navale de Guantanamo, celui de l'ancien chauffeur d'Oussama ben Laden.
Agé d'une trentaine d'années, Salim Ahmed Hamdane, un Yéménite arrêté en novembre 2001, sera jugé pour complot et soutien matériel au terrorisme par un panel de cinq à treize juges et encourt la prison à perpétuité. Détenu depuis mai 2002 à Guantanamo, il est considéré par l'accusation comme un membre du premier cercle d'Al Qaïda, alors que ses avocats le présentent comme un simple chauffeur. Il est surtout devenu un symbole des critiques formulées à l'encontre du système judiciaire d'exception mis en place par l'administration Bush après les attentats du 11 septembre 2001. En 2006, il avait contesté la mise en place du tribunal militaire et obtenu gain de cause devant la Cour suprême des Etats-Unis, obligeant le Congrès à formaliser son existence en adoptant le Military Commissions Act. Une nouvelle requête déposée récemment n'a pas eu le même succès, puisqu'un juge fédéral a autorisé jeudi la tenue du procès, qui constituera un premier test pour cet appareil répressif controversé. AVEUX SOUS LA CONTRAINTE Outre la compétence du tribunal militaire, ce sont les conditions de détention et le non-respect des Conventions de Genève sur le statut des prisonniers qui ont cristallisé les critiques. En vertu de son caractère spécial, le tribunal peut s'appuyer sur les déclarations obtenues sous la contrainte lors d'interrogatoires et sur des ouï-dire. Bien que les procureurs s'en défendent, les avocats de la défense accusent les militaires de n'avoir pas notifié ses droits à Hamdane lors de son arrestation, notamment le fait que toutes ses déclarations pouvaient être retenues contre lui. Lors des audiences préliminaires, Hamdane a en outre affirmé avoir été frappé, menacé de mort, privé de sommeil et humilié sexuellement par une femme pendant sa détention. Les procureurs ont nié tout mauvais traitement. Plusieurs avocats de détenus se sont plaints pour leur part de l'impossibilité d'accéder aux témoins, aux dépositions et à d'autres documents. Les audiences de ce premier procès pour crimes de guerre aux Etats-Unis depuis la fin du second conflit mondial devraient se tenir dans la moins sécurisée des deux salles d'audience de Guantanamo. Mais il pourrait être déplacé dans un espace beaucoup plus surveillé si le cerveau présumé des attentats du 11 septembre, Khaled Cheikh Mohamed, ou d'autres membres importants d'Al Qaïda étaient appelés à témoigner, comme les avocats d'Hamdane auraient l'intention de le réclamer. L'accusation s'y oppose, invoquant la sécurité nationale et le secret qui entoure les prisonniers de "haute valeur". Version française Grégory Blachier
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