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lundi 21 juillet 2008, 17h41
BASE AMERICAINE DE GUANTANAMO, Cuba (Reuters) - Le premier procès devant la juridiction militaire d'exception mise en place par l'administration de George Bush dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001 s'est ouvert sur la base navale américaine de Guantanamo, à Cuba.
Le premier accusé traduit pour crimes de guerre devant ce tribunal est le Yéménite Salim Ahmed Hamdane, présenté comme un ancien chauffeur d'Oussama ben Laden, chef d'Al Qaïda, auquel sont attribués les attentats de 2001 contre les tours jumelles du World Trade Center de New York et le Pentagone, à Washington. Capturé en novembre 2001, peu après l'invasion américaine de l'Afghanistan, et détenu depuis mai 2002 à Guantanamo, où il dit avoir été maltraité, Hamdane, qui approche la quarantaine, encourt une peine de prison à perpétuité s'il est reconnu coupable de complot et de soutien matériel au terrorisme par le jury militaire. Le détenu yéménite, présenté par l'accusation comme un membre du premier cercle de Ben Laden mais par ses avocats comme un simple chauffeur de taxi, avait contesté en 2006 avec succès devant la Cour suprême des Etats-Unis la légitimité du tribunal militaire spécial composé de cinq à 13 juges. Le Congrès avait dû alors avaliser la légitimité de cette instance et, malgré une nouvelle contestation, un juge fédéral a donné son feu vert jeudi dernier à la tenue de ce premier procès d'activistes encore détenus à Guantanamo, qui servira de test à l'appareil répressif controversé mis en place après 2001. DES PROCÉDURES CONTESTÉES Outre la compétence de la justice militaire, les conditions de détention à Guantanamo et l'inobservation des Conventions de Genève sur le statut des prisonniers ont suscité de nombreuses critiques à travers le monde. Cette juridiction d'exception est en effet habilitée à s'appuyer sur des ouï-dire ainsi que sur des déclarations obtenues sous la contrainte. Bien que les procureurs militaires s'en défendent, les avocats de Hamdane les accusent de n'avoir pas notifié à Hamdane ses droits lors de son arrestation - avec deux missiles sol-air dans son véhicule -, notamment de ne pas l'avoir avisé que ses déclarations pourraient être retenues contre lui. Lors des audiences préliminaires, Hamdane a affirmé avoir été frappé, menacé de mort, privé de sommeil et sexuellement humilié par une femme pendant sa détention. Les procureurs ont démenti tout mauvais traitement. Plusieurs avocats des détenus se sont plaints en outre de ne pas pouvoir accéder à diverses dossiers et témoignages-clés, dont celui du cerveau présumé des attentats du 11 septembre, Khaled Cheikh Mohamed, autre détenu de Guantanamo. Le ministre de la Justice américain, Michael Mukasey, a invité lundi le Congrès a légiférer une nouvelle fois pour éviter à l'avenir ce type de contestations dans les affaires de terrorisme. L'"attorney general" a estimé que de nouvelles règles devaient être couchées sur le papier afin d'alléger les contraintes procédurales pour les militaires et de protéger leurs sources de renseignement et leurs méthodes d'interrogatoire des suspects. Version française Marc Delteil
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