Entamée sur de simples prises de bénéfices, la séance s’achève sur des dégagements généraux. Entretemps, les mauvaises nouvelles n’ont cessé de pleuvoir sur le marché. L’indice ZEW du sentiment économique en Allemagne en baisse inattendue, la poussée plus forte que prévu des prix à la
production hors pétrole et alimentation aux Etats-Unis, et de nouveaux records sur le marché du pétrole, près des 130 dollars le baril de WTI, ont en particulier plombé la tendance. Au-delà, nombreux ont été les commentaires pessimistes sur le marché du crédit et la
conjoncture.
Au final, après avoir progressé de 3,6% en six séances consécutives de hausse, le Cac 40 (Paris:
actualité) chute de 1,7%. Parmi les valeurs de l’indice, les hausses sont limitées et se comptent sur les doigts d’une main. Elles reviennent essentiellement à des valeurs décotées ou défensives. Air France (Paris:
FR0000031122 -
actualité) -KLM, EADS (Paris:
NL0000235190 -
actualité) et les technologiques terminent au contraire en forte baisse.
A la clôture, le
Cac 40 perd ainsi 1,70% à 5.054,88 points, dans un volume de près de 5 milliards d'euros. Hier soir, l’indice avait signé sa sixième séance consécutive de hausse, soit au total une progression de 3,6%. A Londres, le
Footsie (actualité) cède 2,90%. A Francfort, le
Dax perd 1,49%. A New York, le
Dow Jones (actualité) recule de 1,57% à 12.823,39 points.
Sur le plan économique, l’indice ZEW du sentiment économique en Allemagne s’est dégradé en mai. Il ressort à –41,4, contre -40,7 en avril et –32 en mars. Les économistes tablaient au contraire sur un redressement de l’indicateur à –37,5 points. Les mêmes prix à la production ont pour leur part grimpé de 1,1% outre-Rhin en avril et de plus de 5% sur un an.
Aux Etats-Unis, les prix à la production du mois d’avril trahissent une contagion de l’inflation des matières premières et des denrées
alimentaires au reste des prix outre-Atlantique, et laissent craindre une contamination aux prix au détail. Ils ont augmenté de 0,2% le mois dernier, ce qui est mieux que la hausse de 0,4% attendue par les analystes et après +1,1% en mars. Mais sur un an, les prix affichent une croissance de 6,5%. Surtout, hors alimentation et énergie, les prix ont augmenté de 0,4%, alors que les analystes tablaient sur une hausse de 0,2%. En glissement annuel, les prix se sont ainsi renchéris de 3%. C’est le plus haut niveau enregistré depuis décembre 1991.
En parallèle, les cours du pétrole ont touché un nouveau record à 129,58 dollars. Constatant que l’offre ne parvient pas à satisfaire la demande, le milliardaire américain Boone Pickens, gérant du hedge fund BP Capital, a estimé sur CNBC (source Bloomberg) que les cours pourraient atteindre 150 dollars cette année. Plusieurs analystes ont récemment relevé leurs prévisions de cours sur l’or noir. Sur le marché des changes, le dollar s’échange environ 1,5666 dollar contre euro.
Plus généralement, l’actualité américaine a incité à la prudence après une nette progression ces derniers jours. Bureau d’études de référence sur le secteur bancaire, Oppenheimer a estimé que la crise du crédit devrait perdurer jusqu’en 2009 et même au-delà. Le spécialiste s’attend à ce que les
banques enregistrent encore pour 170 milliards de dollars de dépréciations liées à la crise du crédit. Selon Bloomberg, ce montant s’élève actuellement à 380 milliards de dollars. Pour sa part, le milliardaire George Soros a estimé sur la BBC que si le pire de la crise du crédit était passé, elle devrait « presque inévitablement » avoir pour conséquence une récession aux Etats-Unis et, probablement, au Royaume-Uni. Dans une
note d’études, Merrill Lynch (NYSE:
MER -
actualité) a estimé que les Etats-Unis sont d’ores et déjà entrés en récession, malgré les chiffres supérieurs aux attentes du premier trimestre (PIB en hausse de 0,6%).
Du côté des sociétés,
EADS abandonne plus de 4,31% à 16,18 euros. Louis Gallois, le président exécutif du groupe, a indiqué que des mesures additionnelles pour le plan Power 8 seraient annoncées avant l’été et que le groupe dispose d’assez d’argent pour financer le programme de l’A350 sans recourir à une
augmentation de capital. Aucune surenchère n’est par ailleurs à l’ordre du jour dans le dossier de l’américain DRS, convoité par Finmeccanica (Milan:
FNC.MI -
actualité) . UBS (Virt-X:
UBSN.VX -
actualité) est passé à la vente sur l’action.
Air France-KLM perd également 4,87%, à 19,33 euros, à deux jours de la publication de ses comptes annuels. Dans une note d’études, Exane BNP Paribas s’attend à ce que la compagnie aérienne fasse des commentaires prudents sur ses perspectives, compte tenu de la flambée des cours du pétrole.
Suez (Paris: FR0000120529 - actualité) (-0,13% à 45,30 euros) a été sélectionné, dans le cadre d’un consortium, pour la construction et l’exploitation d’un barrage hydraulique dans le bassin de l’Amazone, au Brésil. La concession est estimée à 3,4 milliards d’euros. Le groupe français détient une participation de 50,1% dans le projet. A noter que son partenaire de
fusion,
Gaz de France (Paris: FR0010208488 - actualité) (+1,09% à 43,37 euros), a confirmé hier en assemblée générale ses objectifs financiers annuels. Le groupe continue par ailleurs de viser un rapprochement effectif des deux entités à la mi-2008, avec un possible retard de quelques semaines néanmoins, rapporte la presse du jour. A noter par ailleurs que Suez a indiqué ce matin continuer de participer aux discussions concernant le nucléaire britannique, donc le dossier British Energy (London:
BGY.L -
actualité) , mais que la fusion avec GDF constitue la priorité du groupe.
Accor (Paris: FR0000120404 - actualité) perd 2,50% à 49,38 euros. Morgan Stanley (
SPU -
actualité) est revenu de " surpondérer " à " pondération en ligne " sur le dossier, avec un objectif de cours ramené de 59 à 57 euros. Egalement sur le front des
recommandations d’analystes, Credit Suisse a entamé le suivi de
Vallourec (-0,92% à 193,80 euros) avec une opinion « surperformance » et un objectif de cours de 310 euros. Dresdner Kleinwort a démarré le suivi de
Vivendi (Paris: FR0000127771 - actualité) (-1,20% à 26,230 euros) en recommandant la
valeur à « l’achat » avec un objectif de cours de 34 euros.
Capgemini cède 3,21% à 41,18 euros. La SSII s’est cependant montrée optimiste lors du Reuters TMT Summit. Elle confirme qu’aucune mauvaise surprise n’est à attendre pour le semestre en cours. Par ailleurs, si quelques signes de ralentissement sont observés en Europe, le marché américain est pour sa part qualifié de " en ébullition ". Mais à l’instar de nombreuses autres technologiques, la valeur avait fortement progressé ces derniers jours.
STMicro accuse d’ailleurs la plus baisse de l’indice et recule d’ailleurs de 4,94% à 8,170 euros, tandis qu’
Alcatel (Paris: FR0000130007 - actualité) -Lucent perd 3,92% à 4,650 euros.
Soitec (Paris: FR0004025062 - actualité) a annoncé un résultat opérationnel déficitaire de 8,2 millions d’euros et une perte nette de 10 millions d’euros au titre de 2007-2008. Le chiffre d’affaires de l’équipementier de l’industrie des semi-conducteurs avait baissé de près de 20% à 298,2 millions d’euros. Soitec maintient ses objectifs annuels. Les facturations sont attendues stable d’une année sur l’autre, à taux de changes constants, le but étant d’améliorer le résultat opérationnel à données comparables, c’est-à-dire non seulement à changes constants mais également avant prise en charge des coûts relatifs à l’usine de Singapour, de l’ordre de 30 millions de dollars US. Le titre perd 6,02% à 5,93 euros.