La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, évoque la possibilité d'augmenter l'impôt foncier des entreprises pour compenser les huit milliards d'euros que coûtera la suppression d'une partie de la taxe professionnelle.
Dans un entretien publié dans l'édition de vendredi de La Tribune, elle estime que la suppression de la taxe sur les investissements productifs promise par le chef de l'Etat "devra probablement être étalée sur plusieurs années".
Sur les moyens de compenser le coût de cette réforme, qui vise à améliorer la compétitivité des entreprises françaises, "aucune décision n'est prise", dit-elle.
"Nous avons seulement quelques pistes. L'une d'entre elles serait d'augmenter l'impôt foncier des entreprises."
"Nulle part en Europe, il n'existe une taxe sur les machines, les équipements. En revanche, tous les pays ont mis en place un impôt foncier sur les entreprises, souvent plus lourd qu'en France. Rien ne s'oppose donc, en termes de compétitivité, à ce que nous augmentions ce prélèvement", ajoute-t-elle.
"Une piste possible, évoquée par le chef de l'Etat, est la contribution climat-énergie, mais rien n'est décidé à ce stade", poursuit Christine Lagarde.
La ministre de l'Economie semble écarter l'idée d'une augmentation temporaire de l'impôt sur les bénéfices des sociétés, proposée par la commission des Finances de l'Assemblée nationale.
"La suppression de la taxe professionnelle a un objectif, c'est de redonner de la compétitivité aux entreprises industrielles, ce n'est pas d'accroître d'une autre façon, les charges de ces entreprises pour compenser la diminution de la taxe professionnelle", explique-t-elle.
Christine Lagarde assure d'autre part que la perte de recettes pour les collectivités locales sera intégralement compensée.
Jean-Baptiste Vey, édité par Pascal Liétout