(AOF) - La deuxième banque d'investissement américaine, Morgan Stanley (SPU - actualité) (-5,12% à 38,51 dollars), a présenté des performances en nette baisse pour le deuxième trimestre de son exercice clos le 30 mai. La banque n'a enregistré qu'un bénéfice net de 1,03 milliard de dollars, contre 2,58 milliards de dollars l'an dernier à la même période. Le bénéfice par action se monte à 95 cents par action, alors que le consensus Reuters (London: TRIL.L - actualité) l'attendait à 92 cents. Les plus-values exceptionnelles de 1,43 milliard de dollars n'ont pas suffi à compenser les pertes de trading causées par la crise du crédit.
Le produit net bancaire du groupe n'a atteint que 6,5 milliards de dollars, soit 38% de moins qu'au deuxième trimestre de l'exercice 2007. Pour le premier semestre de l'année fiscale 2008, le bénéfice des activités poursuivies est de 2,577 milliards de dollars, soit une baisse de 45% par rapport aux 4,677 milliards engrangés il y a un an.
Les revenus issus de l'activité de trading ont diminué de 11%, à 2,1 milliards de dollars au deuxième trimestre, malgré de solides performances enregistrées sur les produits dérivés et le prime brokerage. L'activité de banque d'investissement proprement dite a vu son produit net bancaire presque divisé par deux (-49%) à environ 875 millions de dollars. A l'inverse, la division gestion de fortune a bénéficié de la vente d'une de ses filiales et dégagé un bénéfice de 2,4 milliards de dollars. L'activité a attiré pour 13,3 milliards de dollars de nouveaux actifs à gérer, un montant presque record.
John Mack, le président de Morgan Stanley a estimé que compte tenu des turbulences sur les marchés financiers, l'établissement est parvenu à rester à flot et à renforcer ses positions en capital et en liquidités. Il a mis en avant, outre les conditions de marché, les faibles niveaux d'activités de ses clients, en particulier pour les produits de taux et la gestion d'actifs.
(AOF) EN SAVOIR PLUS
LE SECTEUR DE LA VALEUR
Finance - Banques
La crise des crédits à risques américains n'a pas fini d'influencer les résultats des banques européennes. En effet, selon certains analystes, celles-ci pourraient encore avoir à déprécier plusieurs dizaines de milliards d'actifs en 2008. De nouvelles provisions pourraient également fragiliser à nouveau les banques américaines. Sur le dernier trimestre 2007, le taux de défaut des consommateurs a bondi de 35,2% - la plus forte hausse en vingt-quatre ans - pour atteindre 1,4% de l'encours total des crédits. Dans cet environnement à risque, les banques centrales sont intervenues pour la troisième fois : la Réserve fédérale américaine (Fed), la Banque Centrale Européenne, la Banque Nationale Suisse, la Banque du Canada et la Banque d'Angleterre se sont associées pour injecter des liquidités sur les marchés financiers. Un plan de 200 milliards de dollars a été mis en place pour endiguer le regain de tensions sur les taux d'intérêt du marché monétaire.