C'est parti. A compter de ce matin, les particuliers peuvent souscrire à l'emprunt obligataire lancé par
EDF (Paris: FR0010242511 - actualité) , sous la seule condition de disposer d'un compte bancaire et des fonds requis. Il s'agit d'une première depuis plusieurs années. L'emprunt, d'une durée de 5 ans, sera rémunéré annuellement à un taux d'intérêt fixe de 4,5% avant prélèvements fiscaux et sociaux. S'agissant d'une obligation, les épargnants ne supportent pas le même risque que sur les
marchés actions par exemple, et retrouveront l'intégralité de leur capital au terme de l'emprunt, prend soin de préciser l'électricien.
La souscription des obligations, d'une valeur nominale de 1.000 Euros, sera ouverte dans toutes les agences bancaires jusqu'au 10 juillet prochain inclus, sauf clôture anticipée avec un préavis de vingt-quatre heures. Chaque épargnant recevra le nombre d'obligations qu'il aura demandé sans plafonnement.
Le président d'EDF Pierre Gadonneix joue sur la corde de l'investissement responsable, comme il l'a indiqué hier dans un communiqué destiné à rappeler le lancement de l'opération. "EDF propose aux Français une opportunité de contribuer au financement du premier investisseur industriel du pays. EDF a encore accru très significativement son effort d'investissement en France en 2009 pour la modernisation et le développement de ses infrastructures de production et d'acheminement d'électricité ainsi que le développement d'énergies renouvelables, ce qui correspond à la création de 20.000 emplois chez nos fournisseurs. Souscrire à cet emprunt, c'est préparer l'avenir à nos côtés et participer à sécuriser notre énergie de demain", a-t-il indiqué.
L'emprunt est notamment destiné à faciliter le programme d'investissement du groupe, qui n'investira pas moins de 7,5 MdsE en France en 2009. Sur ce montant le groupe a provisionné 2,5 MdsE dans le cadre de sa participation au Plan de Relance Economique. Par ailleurs, le groupe nourrit pour le Royaume-Uni et les Etats-Unis des ambitions de développement très gourmandes en capitaux. Cet emprunt va donc permettre à l'électricien français de consolider quelque peu ses finances, même si au regard d'un total de dettes et d'emprunts 37,45 MdsE pour le groupe au 31 décembre 2008 (dont 24,49 MdsE d'emprunts), le montant de la sollicitation publique peut paraître anecdotique. En effet, l'endettement financier net du groupe ressortait, à la fin 2008, à 24,47 MdsE, soit sur l'année un alourdissement de 50,4% de la dette (16,27 MdsE d'endettement au terme de l'exercice comptable 2007).
Cette sollicitation des particuliers n'est cependant pas dénuée d'intérêt selon Igor de Maack, gérant OPCVM auprès de la société DNCA Finance, interrogé sur Europe 1 fin mai. La rémunération proposée est largement supérieure à celle du Livret A, et constitue une véritable opportunité d'investissement selon le spécialiste. "Dans le contexte actuel de succès des émissions obligataires réalisées par les entreprises, EDF souhaite toucher une nouvelle couche d'investisseurs obligataires, qui n'ont pas forcément accès à toutes les émissions qu'on voit aujourd'hui se dérouler sur le marché. Cela permet d'offrir un bon placement à ces petits porteurs qui peuvent également être des clients d'EDF" avait-il expliqué, avant d'ajouter "on peut penser qu'avec un taux de 4,5%, ce sera plus intéressant que d'aller directement sur un marché obligataire destiné aux professionnels ou auprès de banques. Dans l'état actuel des rémunérations sur le placement monétaire, qui offre environ 1% et un placement en Livret A qui offre 1,75%, la perspective d'un taux d'intérêt de l'ordre de 4,5%, peut paraître une opportunité pour les petits porteurs". A noter qu'il n'est pas possible d'entrer un produit obligataire dans un PEA et que les revenus générés par les obligations EDF seront imposables à hauteur de 30,1% dès le 1er Euro généré. Le rendement net pour le souscripteur serait donc de 3,14%. Un niveau que certains jugent peu attractif au regard d'autres produits d'épargne disponibles actuellement, mais qui reflète les caractéristiques de risque du produit mais aussi la particularité de son mode de souscription.