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mardi 17 juin 2008, 20h06
Contrat à moitié rempli pour la CGT et la CFDT

PARIS (Reuters) - La CGT et la CFDT ont fait défiler mardi en France des dizaines de milliers de manifestants pour la défense des 35 heures et des retraites, sans atteindre leur objectif de dépasser la mobilisation du 22 mai dernier.

Selon la CGT, 500.000 personnes avaient manifesté dans toute la France en fin d'après-midi, contre 700.000 il y a trois semaines.

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a mis le résultat mitigé de cette journée sur le compte des divisions syndicales tout en soulignant qu'il s'agissait d'un "socle solide" pour poursuivre l'action.

Cette journée a été "une réussite bien que le climat de désunion syndicale ait pesé sur le niveau de mobilisation", dit pour sa part la CFDT dans un communiqué.

Si Solidaires et la FSU ont appuyé les deux principaux syndicats, FO, la CFTC, la CFE-CGC et l'Unsa ont boudé cette journée en leur reprochant d'avoir signé avec le patronat un texte ouvrant la porte à un aménagement des 35 heures.

"La division syndicale a manifestement pesé" mais "ce n'est pas un baroud d'honneur", a déclaré Bernard Thibault lors d'un point de presse en marge de la manifestation parisienne.

Il a appelé à préparer "une rentrée en fanfare", proposant d'ores et déjà un rendez-vous le 7 octobre, jour d'une mobilisation internationale.

L'Unsa-Education a également proposé aux autres organisations de l'enseignement une journée nationale en octobre, à une date qui reste à définir.

Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a estimé que la mobilisation était "une force pour convaincre les députés de changer le texte" gouvernemental sur le temps de travail.

"On va prendre des initiatives pour tenir les députés au chaud", a confirmé Bernard Thibault.

DÉFILÉS EN BAISSE

"Le poids, on l'aura si on arrive à durer", a estimé Gérard Aschieri, le dirigeant de la FSU, en évoquant la nécessité de prévoir un plan d'action "le plus unitaire possible" à la rentrée.

A Paris, les manifestants étaient 18.000, selon la préfecture de police, contre 28.000 le 22 mai. Les syndicats ont revendiqué 55.000 participants, contre 70.000 il y a trois semaines.

La plupart des défilés de province étaient également en baisse par rapport à la précédente mobilisation.

Cette journée a engendré peu de perturbations dans les transports, en particulier à la SNCF et à la RATP.

Le trafic TGV et grandes lignes était normal mais les Trains express régionaux (TER) ont connu quelques perturbations dans le sud, notamment en Aquitaine, Languedoc-Roussillon, et en Midi-Pyrénées, selon la SNCF.

La circulation des trains était également perturbée sur le réseau Transilien de Paris Saint-Lazare, avec une prévision de trafic de 65% en heure de pointe.

Dans les transports en commun à Paris, seule la ligne B du RER était affectée, avec trois trains sur quatre qui roulaient. Le trafic était normal sur le reste du réseau RER, les métros et les bus, selon la RATP.

La direction d'Air France n'a pas signalé d'annulations ou de retards de vols, malgré les préavis de la CGT et de la CFDT.

Le taux de grévistes était de 4% dans la fonction publique en fin d'après-midi contre 3,5% lors de la journée d'action du 10 juin, selon le ministère de la Fonction publique.

Les syndicats s'opposent à l'allongement à 41 ans en 2012 de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein et au large assouplissement des 35 heures prévu par le projet de loi qui sera présenté mercredi en conseil des ministres.

François Chérèque et Bernard Thibault estiment que le gouvernement a menti sur la question des 35 heures au risque de provoquer une perte de confiance durable.

"Nous voulons reprendre le dialogue" dit le secrétaire général de la CFDT dans Le Parisien, estimant que le dialogue social a été "sacrifié sur l'autel des désaccords entre la majorité et son gouvernement."

Avec les correspondants régionaux de Reuters, édité par Sophie Louet

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