Les conclusions de l'AFSSET, rendues publiques le 15 octobre 2009, sont sans équivoque. L'AFSSET reconnait l'existence d'effets non thermiques « incontestables » en présence des ondes radiofréquences et de la téléphonie mobile. Des 226 études biologiques retenues par le panel d'experts et répondant à l'exigence des critères fixés, seules 11 « positives » ont montré des effets contre 89 « négatives », ne trouvant rien. «
Peu importe le nombre, appuie Martin Guespereau, directeur général de l'AFSSET,
l'important est d'avoir des études incontestables. »C'est la première fois qu'une instance officielle s'exprime en des termes aussi nets. Sur la question des effets sanitaires, l'agence se veut plus nuancée. «
Le niveau de preuves n'est pas suffisant pour retenir en l'état des effets dommageables pour la santé comme définitivement établis », néanmoins, pour l'AFSSET, «
ils constituent des signaux indéniables. On ne peut plus ne rien faire, » a ainsi insisté Martin Guespereau.
Des recommandations inédites
Malgré ces incertitudes scientifiques ou statistiques, l'AFSSET considère qu'il convient d'agir « sans perdre de temps ». Ses recommandations s'organisent selon 4 grands axes dont la vigueur tranche avec les discours passés. Première urgence : diminuer l'exposition du public aux radiofréquences. L'accent est donné au téléphone mobile, considéré comme la première source d'exposition du public, à travers la mise en avant des téléphones « les moins exposants ». « Ce niveau d'exposition, donné par la mesure du DAS propre à chaque téléphone, peut varier de 1 à 10. Nous avons les moyens de privilégier les DAS les plus faibles. Pourquoi s'en priver, c'est très simple, » estime le directeur général de l'AFSSET.Second volet : développer la surveillance. Autant celle des expositions individuelles, y compris à long terme, que celle collectives dues aux antennes relais et aux autres radio-équipements présents dans l'environnement. Le développement des dosimètres ou « une meilleure prise en compte des bandes de fréquence Wi-Fi, WiMax » participent de cette nécessité d'obtenir « l'exposition réelle des personnes aux ondes provenant de l'ensemble des émetteurs » et une description « plus exhaustive de l'exposition aux champs radiofréquences, en milieu urbain notamment. » Il y a 70 000 antennes installés sur le territoire, rappelle Martin Guespereau, et 2 000 mesures sont faites chaque année. « Cela va mettre du temps pour en faire le tour. Nous demandons clairement un plan de surveillance moderne, une cartographie. Pour nous, le système mené aujourd'hui est un système archaïque. »Derniers aspects : la recherche, pour laquelle l'AFSSET donne un fil de priorités. Et l'électrohypersensibilité (EHS), dont le rapport reconnaît la réalité des symptômes et « l'harmonisation des méthodes utilisées laisse espérer la mise au point d'un outil diagnostique acceptable ».