Les immatriculations de voitures neuves en Europe ont baissé de 4,9% en mai, leur 13e mois consécutif de recul, mais ce repli continue de s'atténuer grâce aux primes à la casse en vigueur dans plusieurs pays.
Au total, 1,27 million de voitures ont été immatriculées le mois dernier dans la zone constituée par les 27 pays de l'Union européenne, l'Islande, la Norvège et la Suisse, indique l'Association européenne des constructeurs d'automobile (ACEA), soit près de 66.000 de moins qu'en mai 2008.
Les immatriculations avaient reculé de 12,3% en avril, de 9% en mars, de 18% en février et de 27% en janvier.
"La crise mondiale de la demande dans le secteur automobile n'est pas terminée mais il y a de premières indications selon lesquelles la baisse est en train de ralentir", a commenté l'association automobile allemande VDA dans un communiqué.
En France, les ventes ont ainsi crû de 11,8% en mai. En Allemagne, les immatriculations ont bondi de 39,7%. Au Royaume-Uni en revanche, les immatriculations ont chuté de 24,8%. La baisse a atteint 38,7% en Espagne.
Les consommateurs ont fui les marques chères comme BMW, Lexus du groupe Toyota ou Mercedes du groupe Daimler tandis que la conjoncture a profité à des modèles moins chers comme la Logan de Dacia (groupe Renault) ou certaines petites voitures de Fiat ou Volkswagen.
SUCCÈS DE DACIA, HYUNDAI, VOLKSWAGEN
Ainsi, le groupe Renault accuse un repli de 4,4% de ses immatriculations en mai, mais celui-ci recouvre une chute de 16,8% pour la marque Renault proprement dite et un doublement des ventes de Dacia. Avec près de 25.000 voitures vendues en mai, la marque roumaine détient désormais un peu moins de 2% du marché européen, selon l'ACEA, soit presque autant que le japonais Nissan, également dans l'orbite de Renault.
Même chose pour le sud-coréen Hyundai, deuxième meilleure performance le mois dernier avec des ventes en hausse d'un quart à 29.309 véhicules vendus, et pour la marque Volkswagen qui a enregistré une hausse de 9,2% de ses immatriculations en mai à 152.600. Seat, autre marque relativement bon marché du groupe allemand, a vu ses ventes augmenter de 3,4%.
PSA Peugeot Citroën accuse des ventes en baisse de 5,9% à un peu plus de 165.000.
A l'inverse, le luxe a été boudé. Les ventes d'Alfa Romeo du groupe Fiat ont reculé de 3,3%, tandis que Mercedes (groupe Daimler) et Audi (groupe VV) accusaient des reculs respectifs de 9% environ.
Il s'est vendu 15% de moins de BMW et 20% de Volvo en moins (groupe Ford).
La chute est encore plus marquée pour la marque haut de gamme Lexus du groupe Toyota. Ses ventes en volume ont chuté de près de moitié alors que celles de la marque Toyota ont reculé de 7,4%, ce qui porte à 8,9% le recul du groupe japonais au total en Europe en le mois dernier.
Les constructeurs Saab et Chrysler, en dépôt de bilan ou en cours de cession, ont enregistré des chutes d'environ 60%. Les ventes d'Opel ont reculé de près de 10% sur un an.
GM Europe, la branche européenne de General Motors, a annoncé mardi la signature d'un protocole d'accord sur la cession de Saab au constructeur suédois Koenigsegg.
Sur la période janvier-mai, le marché européen s'est contracté de 13,9% avec un peu moins de six millions d'unités immatriculées, indique l'ACEA, ce qui correspond à près d'un million de ventes en moins sur cinq mois.
Sur cinq mois, l'Allemagne est le seul marché en hausse en Europe occidentale avec 22,8% de voitures immatriculées en plus. La France limite son déclin à 1,4%. Au Royaume-Uni, la chute se chiffre à 28% sur cinq mois.
Christiaan Hetzner et Danielle Rouquié, édité par Marc Angrand